Album : Skelethon
Label : Rhymesayers
Date de sortie : 10 Juillet 2012
Disponible sur : iTunes
Les retours aux sources sont des choses nécessaires. L’impitoyable diversité des choix qui s’offre à nous, telle une jeune-mineure-de-l’Est-collectionneuse-de-MST-pour-de-l’argent-qu’elle-ne-verra-jamais, mérite parfois que l’on revienne à des bases familières pour mieux cerner sa complexité. La musique, c’est partir d’un point a, en faire un point A bien gras et partir sur les autres lettres, parfois au bord de l’écoeurement. La musique c’est se salir les pieds dans la terre et se demander comment ces merdes de lombrics se reproduisent. Remerciez d’ailleurs ces bestioles cylindriques de nettoyer ce sol dont vous avez rien à foutre sans venir vous étrangler dans votre sommeil. La musique c’est un constant reflux, une marée de bpm et classification à la con ; une respiration. Les rappeurs respirent vraiment beaucoup pour ne pas mourir submergés par leur propre flux de lyrics, les rappeurs sont donc la musique. Cqfd, hinhin.
Récemment, l’un des meilleurs mc blanc de l’univers est revenu avec un nouvel album, j’ai nommé Aesop Rock et son dernier bébé « Skelethon ». Alors vous allez me demander pourquoi le meilleur mc blanc de l’univers ? Comment un tel talent peut il seulement exister ? Krème es-tu encore amoureux ? Eh bien il vous suffira de flirter vaguement avec la discographie de ce grand monsieur d’un Hip-Hop que l’on pourrait qualifier d’alternatif et de progressiste. Il vous suffira de jeter une oreille sur les freestyles d’impro de notre homme qui traînent sur la toile. Il vous suffira de prendre connaissance du nombre insensé de collaborations qu’il a à son actif et de vous rendre compte de la qualité des noms qui en ressortent. Il vous suffira d’être sensible aux productions qui accompagnent les flows du type. Il vous suffira juste de piger que même ses trucs pourris sont à des années lumières x mieux que 85 pour cent de la musique produite sur toute la surface du globe (chants culturels et folkloriques hors statistiques). Il vous suffira d’écouter « Crows 1″ pour savoir que c’est trop le futur.
Alors évidement je suis très subjectif et oui, il est vrai que certaines tracks de cet album n’ont pas la pêche et l’abricot d’un « None shall pass » ou d’un « Bazooka tooth », voire même certaines qui sonnent comme un écho. Mais je répondrais à cela qu’après plus de 15 dans ce Hip-Hop jeu, j’en connais très peu qui maintiennent un tel niveau d’excellence dans les flows et les instrumentales. Très peu qui poussent l’évolution et l’innovation si loin. Enfin si, les autres qui peuvent faire ça, ils sont potes avec Aesop Rock en fait. Donc voilà, faites pas chier avec les bémols, on parle de passion là. Et quand la passion est toujours aussi vive, on s’en branle vraiment grave que certaines chansons soient moins folles que d’autres. Aesop Rock c’est toujours bien, quelque soit l’album et l’époque. Soyez pas oufs, quand on a rien sorti en solo depuis 2007 et qu’on revient avec un album aussi lourd, on écoute et on se tait. De plus la collaboration avec Aryz pour les artworks du vinyle est à elle seule un gage certain de qualité.
Headbangez avec vos mères et petits copains et copines et taisez vous. Respectez Aesop, il n’est qu’Amour, pour vous jeunes ingrats. C’est Jésus. Merde « Saturn Missiles » quoi, « Satuuuuuurn Missileeeees ». MERDE !















