Artiste : Christian Löffler
Album : A Forest
Label : Ki Records
Date de sortie : 6 Juillet 2012
Disponible sur : Itunes
Français
Lorsqu’on demande à Christian Löffler de décrire sa musique, il explique tenter de combiner mélancolie et euphorie : « J’essaye de fusionner toutes sortes de couleurs acoustiques différentes pour obtenir cette sensation dans ma musique. ». Parlant de « couleurs acoustiques » justement, on découvre sans surprise que l’artiste est également peintre et photographe, et qu’il appréhende la musique et les arts plastiques selon une démarche similaire : « Il est plus question de raconter une histoire que de tout rendre accessible à l’auditeur dès le départ. ». Pour autant, l’album se déguste à la première écoute.
Ce jeune producteur allemand originaire de Greifswald est co-fondateur du label Ki Records, qui héberge notamment Daisuke Tanabe, commence la musique à l’âge de 14 ans, et découvre plus tard son pendant électronique au travers de la Techno de Détroit. Techno qui semble toujours l’inspirer en termes de profondeur du son et du côté émotionnel de ses tracks. Il cite également dans ses inspirations Four Tet, Thom Yorke, Death Cab For Cutie. Après quelques EP remarqués, il nous livre enfin son premier album : A Forest.
L’artwork tiré de ses travaux de photographe évoque la solitude et la mélancolie, ainsi que sa fascination pour les arbres. Pour le reste, il nous offre une balade mystique en forêt, au crépuscule, alternant entre végétation dense et clairières lumineuses, et joliment agrémentée de field-recording. On ne sait jamais où l’on va – mais qu’importe – le chemin s’ouvre sous nos pieds. Si quelqu’un s’avérait tenter l’expérience, casque sur les oreilles, nul doute que le périple serait mémorable. On navigue entre une techno organique, une deep-house boisée, et ce quelque chose d’indéfinissable qui fait d’un album une perle rare, dont l’ambiance confère une unité telle qu’on peut légitimement parler d’œuvre d’art. Pourtant, les pistes qui se suivent ne se ressemblent pas. A Forest reste très proche de la techno berlinoise du moment, si ce n’est quelques sons de sous-bois qui habillent l’arrière plan. Pale Skin nous offre ensuite une ambiance purement éthérée, une lenteur mélancolique, et des nappes féériques qui en émoieront plus d’un. Eleven (écoutable au bas de l’article) met magnifiquement à l’honneur la voix de Mohna sur une basse définitivement mouvante et une rythmique deep digne des plus grands. Ash & Snow et Signals nous transportent immédiatement chez deux de ses plus brillants compatriotes, à savoir un certain Dominik Eulberg ou un Pantha du Prince, qui n’auraient (à mon humble avis) rien à redire sur cet héritage. Leur influence s’entendra également sans peine sur une bonne partie du reste de l’album, que je vous laisse le soin de découvrir par vos propres oreilles.
Avis donc à tous les amateurs, munissez vous d’un bon casque et écoutez cet album d’un trait, vous ne serez pas déçus du voyage. Et n’oubliez pas de suivre la lumière qui pointe au bout du tunnel.
English
When we ask Christian Löffler to describe his music, he says he tries to combine melancholia and euphoria: “I try to merge all sorts of different acoustic colors so as to get this sensation in my music.” Speaking of “acoustic colors” indeed, we discover with no surprises that the artist is also a painter, and a photographer. He comprehends music and plastic arts similarly: “It is more about telling a story than revealing everything from the start to the listener.” For all that, we savor the album right from the first listening.
This young German producer from Greifswald co-founded the Ki Records Label, which produces in particular Daisuke Tanabe. He started playing music at the age of 14 and later discovered his liking for electronic music thanks to Detroit techno music. It still seems to inspire him considering the depth of the sounds and the emotional aspect of his songs. He also quotes in his inspirations Four Tet, Thom Yorke, Death Cab For Cutie. After having attracted attention with some EP, he eventually releases his first album: A Forest.
Resulting from his photographer works, the artwork evokes loneliness, melancholia, and his fascination for trees. As for the rest, he offers us a mystical sun-down walk in the forest, between dense vegetation and bright clearings, nicely livened up with field-recording. We never know where we’re going –and we don’t care- the path appears under our feet. If someone wanted to try the experience, headphones on, the journey would obviously be memorable. We sail between organic techno music, folksy deep-house and this undefinable thing that turns an album into real treasure. The ambiance offers such a harmony, which enables us to qualify it as an art piece. And yet, tracks follow on and differ one from each other. A Forest stays close to the current Berliner techno music, a part for some acoustic folk sounds in the background. Pale Skin gives us a completely ethereal ambiance, a melancholic slowness, and enchanting sound layers which will touch more than one listener. Eleven (see link below) honors beautifully Mohna’s voice, on a definitely moving bass and a deep rhythmic, worthy of the best ones. Ash & Snow and Signals immediately take us to two of his most famous compatriots, a certain Dominik Eulberg or Pantha du Prince, who –in my humble opinion- would have anything to criticize on this heritage. Their influence extends easily to a great part of the album, as you will notice listening to it.
Hence, notice to every amateur, put a high-quality headphone on and listen to it at one go, the journey won’t be disappointing. And don’t forget to follow the glimmer of light at the end of the tunnel.
Translated by Elena Moral
Eleven feat. Mohna (Debut Album / A Forest / June 18th 2012) by Christian Löffler
Christian Loeffler – Signals from Christian Löffler on Vimeo.
-Links-
Christian Loeffler Facebook / Site / Soundcloud
Ki Records Facebook / Site / Soundcloud
















