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Art and Design

20 février 2015

Dans la peau de l’urbexeur – Silent Places x The Chemistry Mgzne x Geo H

Pour vous Chimistes, j’ai eu le privilège d’accompagner deux photographes dans un spot secret pour une séance d’Urbex et de filmer (tout en gardant un peu de confidentialité) la journée ! 

Pour toi, l’inculte au fond, l’Urbex est une discipline mêlant art, effort physique, patience, créativité, recherche et bien souvent illégalité. C’est un peu le côté obscur du monde de la photo et pourtant, il n’y a rien de plus ressourçant.

L’Urbex respecte une règle primordiale : la non-divulgation des localisations des spots. À moins d’être un urbexeur possédant des informations tout aussi intéressantes et dans ce cas là, un échange d’info peut se faire. Pour en revenir à la définition de cette activité, c’est assez spirituel (de mon point de vue). Vous entrez dans un lieu, il ne vous appartient pas, il a appartenu ou appartient à quelqu’un, et ça, vous le sentez, ça vous frappe rien qu’à la vue des mises en scène qui ont traversé le temps.

C’est un sentiment assez fort, tellement fort que lorsque vous marchez, vous essayez même de ne pas marcher sur les débris et de respecter ce sanctuaire, de ne rien bouger. Feuille morte, papier, bois, clou, meuble arraché, déchet. Tout ne fait plus qu’un avec ce lieu.

Vous vous rendez compte qu’au final, la Nature reprend cette espace. Elle s’immisce à l’intérieur, elle le détruit et au final le reconstruit avec sa propre architecture.
Pour finir, ce qui m’a également marqué, c’est le silence. Un silence constitué de bruit de métaux qui claque avec le vent, les courants d’air, les feuilles qui volent, les plantes qui bougent et mes bruits de pas.  Pour résumer, vous avez un sentiment d’isolation qui paradoxalement vous permet d’être beaucoup plus libre de vos mouvements et libre de penser.

Maintenant que j’ai pu faire ma poésie hebdomadaire, voici une petite interview de deux urbexeurs qui m’ont permis de découvrir cette facette de la photo ! Ensuite tu pourras découvrir (très légèrement) le lieu où nous avons été à travers la vidéo qu’on vous a concocté…

Geo H. Photographie

Geo H. Photographie

 

– Vidéo –

Dans la peau de l’urbexeur – Silent Places x The Chemistry Magazine x Geo H from TheChemistry Mgzne on Vimeo.

 

– Interview –

Alors je vais d’abord commencer par vous demander une petite présentation de vous-même

Matthieu : Je m’appelle Matthieu, j’ai 25 ans. Je suis manager dans le domaine du prêt-à-porter. J’ai une passion pour la photo dans un domaine spécial : l’urbex
Geoffrey : Je m’appelle Geoffrey, j’ai aussi 25 ans. Je suis dans la photo depuis bientôt 4 ans lorsque j’ai eu mon premier reflex. La photo est devenue naturellement une passion. Car depuis tout petit j’ai toujours été sensible aux paysages quelques soient leurs types, naturels ou urbains. J’ai donc voulu immortaliser ce que je voyais. Sinon depuis trois ans j’ai l’opportunité de faire beaucoup d’événementiel de type soirées/festivals et cela m’a permis de faire un grand nombre de rencontres enrichissantes.

Pour ce qui est de l’Urbex, qu’est ce qui vous a poussé vers cette aventure sans fin ?

Matthieu : J’ai commencé à organiser des soirées dans des lieux abandonnés avec des connaissances d’amis qui sont devenus des amis et on n’a jamais arrêté depuis. Je faisais déjà de la photo mais de paysage, portrait, ou dans des soirées entre potes. J’ai tout de suite vu le potentiel que ces lieux dégageaient et le rendu que cela apportait. Aujourd’hui c’est devenu une passion, une thérapie, une addiction.
Geoffrey : L’une de ces rencontres liées aux soirées est celle avec Matthieu qui avait à ce moment déjà beaucoup de sorties à son actif. Dans la photo j’aime bien m’exercer dans tous les domaines. Donc lorsqu’il m’a proposé de l’accompagner dans ses excursions, je me suis dit pourquoi pas histoire de découvrir quelque chose de nouveau pour moi. Et dès la première sortie dans une usine désaffectée j’ai directement adhéré. Et j’avais envie d’en voir plus. Donc tout s’est enchaîné… L’Urbex c’est un tout.

Côté photo on y trouve quelque chose qu’on ne verra nulle part ailleurs. C’est vraiment un univers à part. Les paysages sont dans le genre contradictoires : on sent évidemment le côté humain car c’est l’Homme qui les a construit. Mais en même temps on a l’impression de voir une œuvre de la nature, étant donné que celle-ci est en pleine phase de reprendre ses droits.

Côté ressenti, l’Urbex c’est aussi de l’aventure. On arrive dans un lieu inconnu. On ne sait pas sur quoi on va tomber. Il y a aussi le côté illégal. En fait on a l’impression de vivre. Et on se dit que chaque sortie ramènera un souvenir différent qui restera ancré, peut-être à vie… Aussi chaque lieu a son histoire, qui peut être belle comme complètement tragique. Et on a le sentiment de la revivre. En gros on passe par toutes les émotions : revivre le lieu, admirer le paysage, sentir ces odeurs typiques, et cette atmosphère sonore quand on entend nos pas sur des débris, les gouttes qui tombent ou l’eau qui ruissèle, les craquements, etc. Puis le stress de l’inconnu, de tomber par surprise sur quelqu’un ou quelque chose, ou de se faire prendre.

Geo H.Photograpghie

Geo H.Photograpghie

Dans vos travaux, on retrouve vraiment deux univers différents. Matthieu (Silent Places) tu nous exposes des photos très brutes et marquantes, tout se joue sur la capture à l’instant T avec cette perpétuelle poursuite de la lumière qui fera la différence et toi Geoffrey (Geo H.) tu nous offres comme un adoucissement de cette espace abrupte avec un travail en aval qui donne à la fin cette impression de peinture et de douceur. Du moins c’est l’impression que j’ai eu en vous accompagnant et en discutant avec vous. Comment qualifieriez-vous votre propre travail ?

Matthieu : Je fonctionne au feeling, je ne me fixe pas de règles de prise de vue, ou un thème en particulier. J’essaye de retranscrire des émotions au travers de la lumière, de la nature, du béton abimé par le temps et l’érosion. J’essaye de créer le questionnement chez celui qui va regarder la photo. Dans mon travail je n’essaye pas de faire du beau, je souhaite juste réussir à rendre la chose palpable.
Geoffrey : Je pense que ma sensibilité au monde qui m’entoure fait mon style de photo. J’essaie de retransmettre l’atmosphère que dégage le paysage, ou du moins ma façon de la vivre, que ce soit en urbex comme en landscape ou même en soirée. Le côté « peinture » vient du HDR. J’utilise le HDR parce que la technique est efficace pour ressortir tous les détails du paysage. Ces détails importants sont les débris de petite taille, la poussière, les fissures, etc. qui font le charme du lieu.

Vos projets sont tout les 2 en train de se concrétiser petit à petit, que pouvez-vous nous dévoiler sur les mois/années à venir ? (Expo, professionnalisation dans le domaine de la photo, voyage, ambitions)

Matthieu : La consécration ou l’envie ultime pour un photographe et-il faut le dire est : L’exposition. Pour exposer il faut voyager. Je suis en train de préparer un voyage dans la mythique ville de Détroit aux Etats unis pour pouvoir avoir cette matière qui me manque. Puis un second voyage au Mexique pour avoir quelque chose de différent de plus exotique, moins de béton plus de nature. Mon ambition est donc d’exposer mais aussi de réaliser un court métrage sur l’Urbex. Quant à la professionnalisation cela dépend souvent des rencontres, il faut un filon car vivre de la photo reste très dur.
Geoffrey : Mon but ultime est de me spécialiser en événementiel type festivals, et à côté de faire passer le temps avec le reste (paysage, portrait, urbex, astrophoto, etc.). La clé de la photo événementielle est d’avoir les contacts puis de durer, ce qui est très difficile. Donc je prends toutes les opportunités qui s’offrent à moi et quel que soit le domaine, sans trop me prendre la tête.

Geo H. Photographie

Geo H. Photographie

J’ai cru comprendre que vous sortiez souvent découvrir des spots ensemble. Quel est le meilleur souvenir que vous ayez eu ensemble lors d’une sortie (lieu, frayeur, moment, galère…) ?

Matthieu : Nous étions dans un sous-sol d’une usine en banlieue parisienne et ce lieu était magique. Ce jour-là on a vraiment eu une symbiose en tant que photographe, la lumière était parfaite, les idées fusaient et on est resté longtemps sous terre à imaginer des scénarios de photo, c’était un grand moment d’Urbex
Geoffrey : Contrairement à Matthieu je n’ai pas encore beaucoup d’expérience en Urbex. Tous les lieux qu’on a visités sont incomparables entre eux et ont tous leur propre charme. Les souvenirs sont plutôt côté excitation. J’en retiendrai deux : ma toute première sortie, dans une usine, avec le fait d’enfin être dans un lieu abandonné, mélangé au risque constant de se retrouver nez à nez face à un chien de garde, en ne sachant pas comment il aurait pu réagir. Le deuxième est une expédition avortée dans un château, lorsqu’on s’est fait repéré par les propriétaires.

Pour finir je vais vous demander un seul mot pour décrire l’Urbex.

Matthieu : LIBERTÉÉÉÉÉÉÉÉÉÉ
Geoffrey : Excitant

Geo H. Photographie

Geo H. Photographie

 

– Silent Places –

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– Links –

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Anthony
Fanboy des papouilles, de technologie, de musique électronique, d'art en tout genre et de Doudou, je suis un gars qui aime le mélange whisky/longboard




 
 

 
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