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Art and Design

26 mai 2016

FOCUS ON : L’Art conceptuel selon Joseph KOSUTH : « Art as art ».

Petit détour artistique cette semaine oblige. L’envie aussi de pouvoir partager autre chose et donc, pourquoi ne pas évoquer avec vous mes chimistes l’un des chefs de file de l’art conceptuel ? Joseph KOSUTH sera notre « interlocuteur » privilégié. Né en 1945 dans l’Etat de l’Ohio (Toledo) aux Etats-Unis, on lui doit en tant qu’artiste américain cette volonté d’utiliser une littéralité dans ses œuvres afin d’affirmer une certaine objectivité. Exprimer l’art à travers une tautologique est une nécessité pour KOSUTH qui interpelle de par cette originalité et de vouloir aussi tendre à la séparation de deux concepts : l’esthétisme (jugement de la perception utilisé par le commun des mortels) et l’art. Supprimez donc l’esthétisme, la beauté , et tout ce qui est en rapport avec ces termes pour aller au fond même des choses, dans l’essence-même du mot « art » quitte à ce que cela vous paraisse subtilement simpliste. L’art tel un langage, comme auto-suffisance…

Pour la petite histoire, l’art conceptuel est issu des pratiques de Marcel DUCHAMP avec ses ready-made (terme utilisé pour définir certaines de ses œuvres) au début du XXème siècle. KOSUTH poursuit la lancée effectuée par son prédécesseur et abouti avec finesse et intelligence la définition de cet art.

Exemple ci-dessous issu de la célèbre série « One And Three » sortie en 1965 où l’élaboration se fait dans ce sens : une œuvre composée d’un objet généralement accompagnée de sa reproduction photographique à l’échelle 1 et d’une définition qui celle le tout.

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(One & Three Chairs, Joseph Kosuth, 1965)

Autre rapport conceptuel de KOSUTH : adaptation d’une photographie au contexte et superposition de dialogues textuels. L’idée était de démocratiser l’art dans son ensemble (dont l’art conceptuel) et de le présenter au plus grand grand nombre au courant des années 1970. La signification de ce qui est exposé peut varier en fonction du lieu selon KOSUTH et donner un nouveau sens. L’enjeu étant de savoir où l’art (globalement) pouvait trouver son public et ce qu’il pouvait lui signifier, apporter.

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(Text/Context, N-Y, 1979, Joseph KOSUTH)

Une série réalisée avec des néons de différentes couleurs ont permis à J. KOSUTH d’étendre l’idée même de la définition de l’art contemporain. On pourrait parler de modernisme artistique à l’époque où ce dernier comme d’autres ont intégré cette technologie issue d’ affichages publicitaires, malléable et innovante. Un détournement intelligent et tendancieusement « beau ». Mais attention, entendez « beau » ici au sens de KOSUTH, à savoir : « Art as art » (« L’Art est la définition de l’art »). Souvenez-vous, point d’esthétisme…

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(Neon Electrical Light English Glass Letters Blue Eight, Joseph KOSUTH, 1966)

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(Neon, Joseph KOSUTH, 1965)

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(Four Colors Four Words, Joseph KOSUTH, 1965)

Donner ou produire du sens pour KOSUTH est essentiel. Il faut encore une fois bannir (en quelque sorte) l’aspect esthétique de l’oeuvre. On pourrait se dire qu’au fond, l’idée est recherchée et lorsque vous comprenez le schéma de fonctionnement de l’art conceptuel, il n’y a plus de secrets pour vous et de mystères à découvrir… Et bien, détrompez-vous car votre psychologie humaine est mise à rude épreuve face à une œuvre issue de ce mouvement. Votre esprit s’auto-analyse outre l’aspect « esthétique » que l’oeuvre vous procure. La pensée est travaillée et se reflète mot pour mot au concept. Inné selon vous ? Un rapport certain à une réalité qui nous dépasse sûrement nous est représentée en toute objectivité. Intuitivement, KOSUTH distingue l’analytique du synthétique en préférant une logique d’analyse. On ne s’intéresse donc pas à des dispositions formelles. Bien au contraire, outre l’objet et/ou matériaux utilisés, l’abstraction de par la réflexion est de mise à travers cet art.

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(You Made Me Love You, Tracey EMIN, 2010)

Utiliser l’art comme langage est l’un des prémices de ce mouvement selon J. KOSUTH. Une quasi permanente littéralité de ses œuvres nous montre la fonction primaire de son art conceptuel. « Art is making meaning » (« l’art fabrique le sens ») : c’est aussi le deuxième corolaire de l’artiste qui a longtemps étudié en philosophie, anthropologie et enseigné aux Beaux-Arts de Stuttgart entre autre. Donner de la valeur aux mots à travers une expression artistique conceptuelle, donner un sens original et appuyé par l’analyse : tel est l’art conceptuel de KOSUTH éperonné par une volonté non formaliste, non conformiste. On s’oriente vers l’ébauche d’une logique et de mathématiques plutôt que des formalités ou propriétés humaines.

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(Five Words In Green Neon, Joseph KOSUTH, 1965)

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(Self-Defined Object (green), Joseph KOSUTH, 1966)

KOSUTH est en quelque sorte devenu au milieu des années 1960 le « père » de ce mouvement artistique qui s’articule autour de ces différents chef-d’oeuvres. Plébiscité par de nombreux autres artistes autant que par certaines Académies des beaux-arts, ce dernier est une référence mondiale et incontestable. Et c’est sans orgueil qu’il affirme que l’art conceptuel se place après la philosophie (L’art après la philosophie, 1969), c’est à dire, au stade de la linguistique analytique et au dépassement de la philosophie et de la religion. C’est une véritable science du langage. On ne s’éternisera pas sur les détails complexes de son raisonnement. On en retiendra simplement la créativité et l’influence qu’il a apporté à l’art contemporain. Je vous entends déjà dire mes chimistes (pour ceux qui ne connaissaient pas l’art conceptuel dans son ensemble) que « c’est trop stylé » et que ça collerait parfaitement pour la déco de votre appartement. Mais l’Art a son prix…

Crédits photos : Wikiart, Cave To Canvas, Wikimedia Commons, Gadabout Magazine.



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David
David, Co-founder Label Barbe, Dj/Producer à Dave John's, love people who keep a smile.




 
 

 

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