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Music

3 novembre 2012

Glass vs Beck : les remixes d’une carrière fascinante.

 

Artiste : Philip Glass
Album : Rework
Date de sortie : 24/10/12
Label : The Kora records
Disponible sur :  philipglassrework.com

Français

« Je suis intéressé à ce qu’il advient de la musique quand d’autres personnes se la procurent. Là où certains compositeurs n’aiment pas qu’on touche à leur musique, moi je pense que si, car les gens font des choses avec que moi je ne peux faire. Je suis l’opposé de possessif quand il s’agit d’un de mes morceaux ». Dans cet entretien entre Philip Glass et Beck paru dans le New York Times (5 octobre 2012), on ne ressent aucun clash de générations. D’ailleurs, un lien très étroit semble tissé entre les deux artistes alors que l’échange dérive sur l’expérimentation musicale et la vision de chacun concernant leur démarche artistique.

C’est donc à l’approche de son 75ème anniversaire que Philip Glass entreprit de collaborer avec Beck sur un projet où plusieurs artistes remixeraient certaines de ses compositions. Beck étant libre du choix des artistes; Amon Tobin, Tyondai Braxton, Pantha du Prince, Cornelius, Dan Deacon, Johann Johannsson, Nosaj Thing, Memory Tapes, Silver Alert, My Great Ghost et Peter Broderick se grefferaient alors à ce projet monumental. 12 artistes uniques pour 12 remixes fascinants.

La carrière fructueuse de Glass, et son répertoire qui s’étire du minimalisme à l’opéra, en passant par des symphonies et des BO de films, est d’une richesse musicale qui fait de cet artiste l’un des compositeurs les plus admirés du XXème siècle. Sans cesse en quête de renouvellement et d’expérimentations, c’est en mariant son talent inné à son intellect tout autant instinctif que réfléchi que Glass composa au fil des années une bande son étincelante d’innovation.  Ses multiples et diverses collaborations, qu’elles soient avec Aphex Twin, Leonard Cohen, Woody Allen, Patti Smith ou encore David Bowie parmi tant d’autres, illustrent son incessante exploration de la diversité musicale. Une vie dédiée à l’étude du son, du rythme, de l’histoire narrative, ou même de la musique dans son évolution temporelle…  Il n’est donc pas surprenant que Glass ait fait appel à Beck afin de mettre en place ce projet ambitieux.

Beck, l’un des artistes les plus surprenants et talentueux de sa génération, met à disposition toute son ingéniosité afin de créer à partir de 20 compositions différentes, un remix de 20 minutes d’une fluidité et virtuosité éblouissante. Le remix final, NYC 73-78, enchaine les compositions, reflétant le style minimaliste, cyclique ou comme dirait Glass «musique avec structure répétitives ».

Il est intéressant d’écouter ce remix qui débute avec la boucle d’un piano accompagné d’un cello, deux instruments emblématiques de Glass, puis qui lentement injecte des éléments propre à Beck comme un écho de sa voix ou des sons de synthés qui rappellent certaines de ses autres productions.  La transition de chaque morceau de NYC 73-78 fait preuve d’une subtile habileté alors qu’un beat ou un clavier annonce le prochain volet ou parfois une coupure abrupte mais adroite fait la liaison entre deux morceaux. L’évolution du remix est telle que Beck excelle à faire transparaitre la philosophie progressiste de Glass. Les séquences nous font voyager dans un opéra épique aux allures de biographie. Les fluctuations de rythme, de son et de genre, semblent refléter les émois et tribulations de la vie avec un épilogue teinté d’une ballade au piano plaisante et relaxante.

Outre ce splendide remix qui apparaît dans le CD2, les expérimentations de Cornelius, avec un simple piano ou d’Amon Tobin, Pantha du Prince et Dan Deacon sont des exercices qui reflètent tout le talent de ces artistes qui ont pour but de reconstruire et donner une nouvelle vie aux chefs d’œuvres de Glass.  Entre des mélodies ambiantes et des mouvements kinetiques électroniques, les approches artistiques de chaque musicien redonnent à la postérité de l’œuvre de Glass un cadeau bien mérité.  Philip Glass lui-même ne pourra que jubiler de plaisir à l’idée que son œuvre, sculptée magistralement par des artistes aussi divers que pointus, renaisse avec une nouvelle emprunte ADN.

Rework s’évertue d’une suite logique et complémentaire à l’œuvre de Glass. Dans l’esprit pur de sa discographie, elle peut s’estimer une place prépondérante qui assume le concept évolutionnaire de l’artiste. Rework devient alors une œuvre bidimensionnelle : à la fois œuvre de Glass à part entière mais aussi œuvre unique où la collaboration de Beck avec tous les autres artistes en font un hommage sincère à l’illustre carrière d’un des plus grands.

English

 » I’m interested in what happens to music when other people use it. Whereas there are composers who don’t like anyone to touch their music, I think people should because they do things I can’t think of. I’m the opposite of being possessive about a piece.  » In this interview of Philip Glass and Beck published in the New York Times (October 5th, 2012), there’s no clash of generations. Instead, you can feel that a solid bond has formed between the two artists, as the discussion drifts away on musical experimentation and artistic process.

At the eve of his 75th birthday, Philip Glass chose to work with Beck on a project in which several artists would remix some of his tracks. Beck had a complete free choice over the artist selection, that’s how Amon Tobin, Tyondai Braxton, Pantha du Prince, Rubric, Cornelius, Dan Deacon, Johann Johannsson, Nosaj Thing, Memory Tapes, Silver Alert, My Great Ghost and Peter Broderick joined the project. Twelve unique artists for twelve fascinating remixes.

Glass’ style, going from minimal to opera, from symphonies to movie soundtracks, makes him one of the most successful and admired composers of the 20th century. Always looking for renewal and experimentation, he combined his natural talent with his instinctive mind to compose a stunningly innovative soundtrack over the years. His collaboration with artists such as Aphex Twin, Leonard Cohen, Woody Allen, Patti Smith and David Bowie, show his constant exploration of musical diversity. A whole life dedicated to studying sound, rhythm and even music in its temporal evolution… Therefore, it’s not a surprise that Glass chose Beck to achieve this ambitious project.

Beck, is one of the most surprising and talented artists of his generation. He put his genius mind at work to create a 20-minute remix from 20 different tracks, with stunning virtuosity and fluidity. The final mix, NYC 73-78, reflects a very minimalist and cyclic style. “Music with redundant structures”, as Glass would say.

The remix starts with a cello and a piano loop, two of Glass’ emblematic instruments. Then, Beck brings his own touch, with an echo of his voice and some synthesizer notes that remind us of his other tracks. Transitions between each NYC 73-78 track are very subtle: a beat or a keyboard sound or sometimes a steer – but smart – pause, announce the next track. The evolution of Beck’s remix shows extremely well Glass’ progressive philosophy. Feels like we are traveling in a an epic and biographical opera. Rhythm, genre and sound variations seem to reflect the emotions of life, ending with relaxing and pleasant piano ballad.

Besides this amazing remix featured on CD2, there’s also the experimentation of Cornelius with his piano, and those of Amon Tobin, Pantha du Prince and Dan Deacon. These tracks reflect the talent of those artists, their only aim is to rebuilt and to breathe new life into Glass’ masterpieces.Between surrounding melodies and kinetic moves, the artistic approach of every musician offers a well-deserved gift to Glass’ work. Philip Glass himself can only gloat over the idea of his work being magnificently sculpted by various artists. Sort of a rebirth with a new DNA.

Rework is in the path of Philip Glass’ work. In the very spirit of his whole discography, it holds a predominant place in the evolutionary concept of the artist. Rework is a two-dimension work of art: it holds Glass’ work but also the unique collaboration of Beck and the other artists. The latter pay a great tribute to the career of one of the greatest.

Bonus Cadeau:

 

Translated by : Elodie Mertz



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