Groundislava (a.k.a. Jasper Patterson) nous avait déjà étonnés l’année dernière en sortant un premier LP orienté 8bit/hip-hop, Ground Is Lava, qui avait su se faire remarquer malgré l’abondance de releases estampillés du genre ces dernières années. Ce jeune geek de Los Angeles qui n’a pas froid aux yeux nous livre aujourd’hui un second long-format chez Friends of Friends (FoF Music, le label de nôtre cher Shlohmo), Feel Me. Porté par de nouvelles influences, l’album est plus mélodique, aérien, les textures sonores plus vaporeuses, et le résultat vaut le détour.
Il s’ouvre sur un Cider lent et aux sonorités détunées, très ouvertement inspiré de la musique de Baths, où l’on retrouve le sidechain outrancier des percus sur des sons de vagues lo-fi et les bribes de voix qui lui sont chères. Comme pour écarter tout doute sur cette filiation, le second titre est justement une collaboration avec ce dernier. Suicide Mission est une ballade mélancolique qui ne manque pas d’émouvoir et d’inviter à la contemplation. Suivent Olympia 2011 et TV Dream, tracks épiques aux sonorités terriblement 80’s. La seconde, portée par la voix de Clive Tanaka, est un vrai tube disponible par ailleurs en single. After Hours et les deux déclinaisons de Jaspers Song signent ensuite un retour aux influences du début d’album, ballades romantiques et mélodiques à souhait. Cool Party change la donne avec un intro qui nous replonge dans les RPG de nôtre enfance, suivie d’un « Ooh my gooood » probablement ironiquement emprunté à Skrillex qui ouvre sur un dubstep tout en retenue aux basses profondes qui stimulent agréablement les entrailles, un mix curieux mais plutôt appréciable. Flooded, qui comme on pouvait s’y attendre, nous noie dans un gros noise de fond omniprésent où l’on se laisse porter par une voix des plus agréables, très réussi. Living Under a Rock nous propose un moment entre percus haletantes, bass music et un retour du son 80’s qui nous manquait déjà. Bottle Service invite Shlohmo et son travail de sampling des voix toujours aussi agréable, posées sur les nappes mélancoliques de Groudislava, superbe. L’abum termine sur Love Ribbon, encore une ballade pop 80’s avec la voix de Jake Weary, une agréable redescente.
Ce LP aux influences multiples, un poil hétéroclite, n’est pas un album parfait. Pourtant, on en redemande, l’oreille se laisse prendre aux sonorités et aux mélodies souvent bien inspirées, presque romantiques, et la sauce prend. À recommander donc, et d’ailleurs vivement l’année prochaine, je meurs d’envie de savoir ce qui nous attend pour le troisième long format. =)















