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Lors de leur passage à Paris, j’ai été rencontrer le groupe Gym Class Heroes. Le lendemain de concert à la Flèche d’Or, ils ont accepté de répondre à quelques questions pour nos lecteurs.
Si le nom de Gym Class Heroes ne vous revient pas, je vous invite à écouter de nouveau Cupid’s Chokehold, le titre qui a su rester dans nos têtes avec son air et ses paroles désormais célèbres
Vous vous souvenez maintenant ? Et bien ils sont de retour avec le titre « Ass Back Home », extrait de leur cinquième album The Papercut Chronicles II. Pour la petite histoire, l’album était disponible depuis quelques mois sur iTunes et a été édité en version CD pour sortir tout récemment.
Gym Class Heroes – The Papercut Chronicles II
iTunes / Amazon / VirginMega
-Interview-
Bonjour Gym Class Heroes, votre album ‘The Papercut Chronicles 2‘ est disponible sur itunes depuis fin 2011, et sort finalement aujourd’hui en version physique (Ndlr: Lundi 23). Il s’agit là de votre 5 ème album, comment percevez-vous l’évolution du groupe depuis la sortie de votre premier opus?
Disashi : Je dirais qu’on a juste évolué en tant que personnes tu vois. On a tous eu beaucoup d’expériences comme n’importe qui peut avoir. Entre 2004, quand le premier album est sorti, et aujourd’hui, on a toujours été ce que notre musique reflète. On a aussi eu beaucoup de nouvelles influences musicales. Ces chroniques sont en quelque sorte notre evolution en tant que personnes et en tant que musiciens, et c’est ce qu’elles partagent avec le monde.
Travie : Je suis d’accord avec Disashi. Comme il a dit, on a évolué musicalement et humainement depuis que nous avons sorti le premier album et on a beaucoup appris jusqu’ici. Pas seulement par rapport à l’écriture et la musicalité mais aussi par rapport au fonctionnement de l’industrie musicale, la façon dont ça fonctionne et donc comment rester heureux et ne pas sacrifier notre intégrité tout en assumant la célébrité et le côté mainstream du truc, en gros.
Matt : Et je pense aussi qu’on a appris à exercer la discipline tout en restant sur nos gardes, comme si on approchait le truc en essayant de pas s’y perdre. Quand j’ai écouté nos premiers enregistrements, ce que je jouais pouvait paraître tape-à-l’œil et intéressant mais ne mettait pas en valeur ce qu’on faisait ensemble. Je pense qu’en évoluant on a appris à vraiment mettre le morceau en avant et utiliser chaque personne pour rendre le son bon, plutôt que de jouer chacun de son côté un truc technique juste pour jouer un truc technique.
On y retrouve des featurings avec des artistes tels que Neon Hitch, Adam Levine, Ryan Tedder de One Republic ou encore Oh Land, grosse révélation féminine de 2011 pour nous. Comment s’est fait le choix de travailler avec ces artistes?
Matt : Je pense que chaque fois qu’on fait un featuring c’est parce que le morceau lui même le veut. Si une chanson en particulier réclame une voix spécifique alors on prend contact avec un artiste avec lequel on peut avoir une relation déjà existante ou un artiste dont on est certain qu’il ira avec la chanson. Pour la plupart des feats de l’album on a fait des essais avec différents artistes. Le résultat final c’est toujours la personne qui avait un truc spécial pour vraiment ressortir dans la chanson.
Généralement le problème des journalistes qui parlent de vous c’est qu’ils ne parviennent pas à vous définir musicalement: ils parlent d’alternative hip hop, de rock…. Mais vous comment vous définissez vous musicalement ?…
Travie : Nous avons le même problème.
Matt : Je pense que les journalistes doivent être plus créatifs et mieux écouter. Pour leur défense, c’est quelque chose qu’on n’essaie pas de trouver mais on a un son spécial et unique et je pense que c’est quelque chose qu’on a jamais défini et tenté de nous catégoriser nous même. Il n’y a jamais eu un groupe qui s’est dit « okay les gars on va essayer de faire comme ce groupe ! ». On fait des disques depuis un certain temps et on y entend toujours quelque chose qu’on aime tous, quelque chose ancré dans le hip-hop mais avec toutes ces extensions qui rendent le groupe unique. C’est ça la particularité, c’est qu’on a la liberté de faire ce dont on a envie sans être limité à un genre spécifique. On fait tout ce qu’on peut pour en faire un avantage. On sort d’un festival punk-rock comme le Warped Tour (Vans Warped Tour ndlr.) et puis on se balade avec T-Pain par exemple ou partir en tournée avec les Fall Out Boy puis sortir avec Lil’ Wayne. C’est cool d’avoir cette liberté de bondir et jouer pour différents publics.
Disashi : Et puis j’ai entendu beaucoup de personnes qui parlent de ça comme un problème mais je prends ça vraiment comme un soulagement parce qu’on n’a pas à se sentir restreint, comme d’autres artistes. C’est aussi une réflexion sur la direction que prend la musique : personne n’est vraiment limité à UN truc, et je pense que c’est ce que la musique reflète de plus en plus. Aussi bien les jeunes que les moins jeunes sont ouverts à différents styles musicaux donc je pense, et j’espère, que les groupes qui ont ce « problème » seront plus nombreux.
Cela fait à peu près 15 ans que Gym Class Heroes existe et le succès est au rendez-vous. En regardant votre parcours, qu’est-ce que vous conseilleriez à des jeunes qui se lancent dans la musique aujourd’hui?
Travie : Ne faites pas ça ! (rires) Je plaisante. Mon conseil pour les artistes prometteurs : essayez juste de rester aussi indépendants que possible. Contentez-vous de vous satisfaire vous-même. Aujourd’hui avec Internet et toutes ces technologies, il y a de nombreuses façon d’avoir du succès et de gagner de l’argent sans avoir à confier 40 ou 50% de ton travail à quelqu’un qui n’a rien avoir avec ta musique. Donc pleins de moyens d’avoir du succès et payer ses factures sans avoir de crédit envers les grosses maisons de disques. Ce que j’veux dire, c’est que si tu veux le faire, prépare tes armes, sois loyal, fais de la bonne musique avant tout, sois sincère avec toi-même et prend le chemin indépendant mec !
Matt : Je suis complètement d’accord.
Disashi & Eric : Ouais !
Quelles sont les projets pour 2012 du groupe ou personnels ? Il semblerait que ce soit la dernière année…
Travie : C’est ce qu’ils ont dit mais on est bientôt en février, et la fin du monde c’était supposé être le mois dernier nan ?
Eric: En fait c’est censé être décembre de cette année…
Travie : Oh ils arrêtent pas de changer ça ! C’était censé arriver pendant ma cinquième année à midi un certain jour et je crois plus à ces conneries maintenant !
Matt: En fait j’ai entendu que les Mayas n’ont pas vraiment dit que le monde allait s’arrêter mais que c’était juste là que leur calendrier prenait fin, et je pense qu’on a mal interprété ce truc fou d’apocalypse.
Travie : Plus sérieusement, je pense que dans le groupe on va faire la promo à bloc de cet album et le pousser au bout de ce qu’on peut, ce qui signifie beaucoup de dates, de presse… Beaucoup de travail. Personnellement mes objectifs pour 2012 sont de faire grossir mon label et le gérer jusqu’à ce qu’il arrive où je veux qu’il soit, sortir de la musique que j’estime nécessaire d’être entendue, qui a quelque chose à offrir. C’est un de mes objectifs personnels.
Eric : L’année dernière notre claviériste et moi avons collaboré et on a sorti un disque en février dernier. Avec la sortie de l’album, ce petit projet a pas mal été diffusé. Pour 2012 j’aimerais rester au top de tout ça autant que possible, peut-être même sortir un autre disque avec Willing Sword et l’emmener aussi loin que je peux tout en restant avec Gym Class évidemment. Du coup je peux pas faire de lives pour le moment mais peut-être un jour.
Quels sont vos coups de cœur musicaux du moment? Si vous deviez nous conseiller de suivre un artiste?
Travie : A$AP Rocky, checkez ça si c’est pas déjà fait.
Eric : Je kiffe pas mal Dawes, un groupe assez jeune et plutôt cool, un rock and roll assez relax.
Matt : Il y a ce rappeur qui vient du Queens: Action Bronson. Je le trouve cool, j’ai pas mal écouté ses sons.
Disashi : Je sais que Travie bosse avec un rappeur, Ax. Si j’étais vous, j’irais checker.
Est-ce-que vous avez déjà pensé a travailler avec des producteurs dans le monde de l’électro ou du dubstep?
Travie : Je trouve que le mot dubstep devient un terme un peu banalisé. J’échangeais pas mal avec mon pote Skrillex et on a parlé de collaboration mais j’adorerais qu’il remix des sons de Gym Class pour voir ce que ca donne. J’aimerais aussi beaucoup travailler avec Stromae et sortir des remixes Gym Class – Stromae, je pense que ça serait cool.
Matt : Pour un des anciens albums on avait fait quelques remixes un peu électro pour chaque single, et je trouve ça vraiment bien. Avec tous les sons analogiques qui sont dans nos morceaux, il y en a pas beaucoup qui retourneront les clubs. C’est cool d’avoir quelques uns de ces remixes électro pour compléter ça.
Travie : J’aime beaucoup les Crookers aussi, ça serait cool d’entendre une collab’ avec eux. J’imagine que le gros truc que tout le monde adorerait c’est David Guetta mais mec, j’adorerais taffer avec les Daft Punk !
Disashi : J’suis un peu en retard, j’ai écouté il y a peu quelques sons de Skrillex et je suis carrément épaté, je comprends tout à fait pourquoi ça marche autant.
Travie : Fais du bruit pour Sonny mec !
Disashi : Ouais c’est top !
Un mot à dire sur SOPA/PIPA, MegaUpload et les histories d’Anonymous ?
Travie : J’me dis « c’est maintenant ? Vraiment ? ». On a piraté de la musique depuis Napster (logiciel de P2P en 1999 ndlr.) et c’est maintenant qu’ils veulent réagir… Depuis qu’on a signé en label et qu’on essaie de vendre notre musique en ligne, on en a chié et ils nous ont tout pris et ils veulent faire quelque chose maintenant ? C’est trop tard.
Matt : Quelqu’un d’autre trouvera une autre solution.
Travie : Vraiment, je vois pas comment ils pourraient faire ça de façon correcte, d’une façon qui arrêterait complètement le piratage. En tant qu’artistes, on a évolué en l’acceptant. Je veux dire, c’est juste nous qui faisons de la musique que les gens veulent acheter, opposés à d’autres qui se disent « oh ce son est cool, j’vais le télécharger ». Je garde toujours en tête que tant que les disques physiques se vendent, c’est que l’artwork et le packaging sont des choses que des gens veulent voir et avoir physiquement. Visuellement, si je vois un album qui me plait j’aurais envie de le prendre, de l’emmener chez moi, de l’ouvrir et voir ce qu’il y a dedans. C’est comme ça qu’on essaie de rester dans le top des ventes physiques.
Disashi : J’ai lu quelque part qu’un des buts de ces lois c’était d’empêcher les autres pays de voler la propriété intellectuelle des USA, ce que je pense raisonnable d’essayer, mais aujourd’hui internet est un truc tellement énorme… Il y a tellement de façon de générer des tonnes de tunes tu vois… Si tu peux avoir un business pour contrer ça, il n’y a pas de raison que ça s’effondre, les gens seraient juste d’accord avec l’idée je pense. Je sais pas comment ils vont empêcher le piratage, internet est hors de contrôle. Il n’y a pas de moyens de contrôler ça. Ils disent que certains vont acheter leurs propres satellites et créer leur propre internet, et les entreprises ont assez d’argent pour faire ce genre de truc. C’est plus de ta portée mec.
On sait que Travie est assez intéressé par la mode… Que penses-tu de la mode en France ?
Travie : Il y a pleins de gens stylés en France. Je trouve que la France c’est bien pour regarder les gens. J’adore marcher et juste regarder les gens. Je me considère pas vraiment comme un fashionista ou quelqu’un qui passera beaucoup de temps à penser à la mode et tout. J’aime bien juste aller dehors et me sentir bien. Il y a beaucoup de très belles personnes en France, qui passent certainement beaucoup de temps dans la salle de bain pour se préparer.
Une dernière question : comment était votre concert hier soir ?
Tout le monde : C’était dingue ! Un super show !
Matt : Ca faisait un peu comme un show qu’on aurait pu jouer il y a 5 ou 6 ans. Petit, intime, chaud, humide… Beaucoup de corps compactés dans un petit espace, donc assez fun. C’est génial d’être dans une situation où on peut jouer pour des grands publics aussi. Les gros shows donnent des supers souvenirs aussi. Mais les petits espaces comme hier ça permet de jouer proche du public et d’échanger une énergie
Merci pour cet entretien les mecs !
The Chemistry vous offre la possibilité de gagner un album « The papercut Chronicles II » dédicacé par le groupe. Pour celà il vous suffira de nous écrire avec vos coordonnés sur l’adresse concours@the-chemistry.net.
Vous avez jusqu’au samedi 11 février pour participer. Nous effectuerons un tirage au sort après cette date.
English
When they came to Paris, I’ve met the Gym Class Heroes band. Day after a show at Paris’ Flèche d’Or, they accepted to answer to some questions for our readers.
If you don’t remind Gym Class Heroes, I suggest you to listen again to Cupid’s Chokehold, the track that we all remember just with the melody and the lyrics
Now, you remember right? So they’re back with a track called « Ass Back Home« , extracted from their fifth album The Papercut Chronicles II. Just to let you know, the album was available for a few months on iTunes and was edited as a record, released recently.
Gym Class Heroes – The Papercut Chronicles II
-Interview-
Hello Gym Class Heroes. Your album « The Papercut Chronicles 2 » available on iTunes for a few months is finaly released today on digital. This is your fifth alum, how do you feel the evolution of the band since your first album’s release?
Disashi: Most notably we’ve all just grown as people, you know. We’ve all had so many experiences and we’ve gotten a lot of new musical influences that come across. I think this album chronicles, if you will, our growth as musicians and as people, and shares that with the world.
Travie: We have grown as musicians and as people since we put out the first record, and we’ve learned a lot not only as songwriting and musicianship goes, but about the music business as a whole, know what i mean? We’ve learned kinda how to make ourselves happy and not sacrifice our integrity but also be successful on the radio and in the mainstream of things, so to speak.
Matt: And I think also, learning to exercise discipline in terms of holding back, kinda taking the less is more approach. When I listened to our first recordings, the stuff that I was playing might have been flashy and interesting but doesn’t necessarily elevate what we’re all doing. I think as we’ve grown we’ve learned to really put the song first and use our parts to support the song instead of just playing something that’s technically difficult for the point of playing something that’s technically difficult.
We can find featurings with artists such as Neon Hitch, Adam Levine, Ryan Tedder (from One Republic) or Oh Land, who was one of the biggest women revelations in 2011 for us. How did you choose to work with those artists?
Matt: I think each time we collaborate with an artist it’s kinda something that the song itself dictates. If a particular song is calling for a very specific voice then we reach out to an artist who we might already have a pre-existing relationship with or an artist that we know can nail the song. The end result is always the person who just went above and beyond the call to really bring the most out in the song.
Journalists have a problem: they never know how to define your musical genre… They talk about hip hop alternative, rock… But you, how do you musically describe yourself?
Travie: We have the same problem.
Matt: I think journalists just need to be a little more creative and listen harder. In their defense, we have a very specific and unique sound and I think it’s something that we’ve never sat down and tried to categorize ourselves. We made recordings for a while and then heard something within our music that we really enjoy . That’s just the uniqueness of this band is that we have the freedom to do what we want to do and not have to be stuck into any specific genre .
Disashi: I’ve heard a lot of people often refer to that as a problem but I really look at it as a blessing because we don’t have to ,as artists, feel so confined. I also think it’s a reflection of where music is heading. No one is really one-sided as a human being and so I think music reflects that more and more. I hope that more and more bands start to have this problem.
Gym Class Heroes exists for 15 years now and success is there. What would you advice to young people who wish to get into music?
Travie: Don’t do it! (laughs) I’m just kidding. I guess my advice for artists up-and-coming: just try to be as independent as possible. Do everything as independently as you can. Be as self-sufficient as you can. At the end of the day, with the internet and all this technology, there are ways to be
successful and make money without having to give a good 40 to 50 % of it to someone else who had nothing to do with you making that music.
So there are ways for you to be successful and pay the bills without a loan from a huge major label. I just say, if you’re going to do it,
stick to your guns, be consistent, make good music first and foremost, be true to yourself, and take the independent route man.
Matt: I agree completely
Eric & Disashi: Yeah!
What do you plan for 2012 either as a band or personally? It seems that 2012 is the last year…
Travie: That’s what they said but we’re almost in February, and the world was supposed to end a month ago right?
Eric: Actually it’s supposed to be December of this year.
Travie: Oh they always change this shit! It was supposed to end when I was in fifth grade at twelve o’clock on one day and I don’t believe in that shit anymore.
Matt: I actually did hear that the Mayans didn’t necessarilybelieve that the world was going to end, that’s just where their calendar stops, and I
think that we’ve since then misinterpreted this crazy apocalypse.
Travie: More seriously, I think as a band we just want to promote the fuck out of this album and try to push it as much as we can and that entails a lot of touring, a lot of press–just a lot of work. Personally, my goals for2012 are to get my label up and running sufficiently to where I want it, to put out music by acts that I feel need to be heard and that have something to offer.
Eric: I guess for this year of 2012, I want to remain on top of that as much as possible, maybe even put out another record with willing swords(?) and take that as far as I can at the same time obviously doing gym class. Can’t do any live shows yet, but maybe one day.
R: What are your musical crushes at the moment? Which artists would you suggest to follow?
Travie: A$AP Rocky, check it out if you haven’t yet.
Eric: I’ve been up on this band called Dawes, there are a modern Neil Young, cool, American, chilled out rock and roll.
Matt: There’s a rapper from queens named Action Bronson that I actually think is really cool. I’ve been listening to him a lot.
Disashi: There’s this rapper named Ax, Travie works with him a lot actually. I would check him out if I was you.
R: Have you ever thought about working with electronic music producers or dubstep producers or things like that?
Travie: Dubstep has kinda become this bastardized term. I was actually messaging with my boy skrillex and I was talking to him about
collaborating on some music together and I’d like to work with Stromae, and hear some stromae-gym class hero remixes, I think that’d be cool.
Matt: Wiith this past record, each single we’ve released we’ve also done a few electronic remixes, which I think is really cool. I don’t think with the amount of organic sounds that goes into our music, not everything is going to hit super hard in the clubs. It’s great to have some of these electronic remixes to supplement that.
Travie: I’m really into the Crookers as well. That’d be cool to hear some collabs with them. I guess the sure shot everyone would go for is David
Guetta but, man, I’d love to hear daft punk.
Disashi: A little late in the game, i just checked some Skrillex stuff and I’m blown away, I completely understand why it’s catching on so hard.
Travie: Shout out to Sony man.
Disashi: Yeah it’s fantastic
What do you think about SOPA/PIPA, MegaUpload and Anonymous things?
Travie: It’s like now? Really? We’ve been stealing music since napster and now they want to kinda take action? Since we’ve been signed and since we’ve been involved with actually trying to sell our music online, we’ve been getting the poop end of the stick and the shit robbed out of us, and they want to do something now? It’s too late.
Matt: Somebody else will just figure it out.
Travie: Really there’s just no way that I can see that they’re going to do this civilly, in a way that’s going to completely stop piracy. We as artists have grown to accept it. We just want to make music that people want to pay for, as opposed to saying “oh they have a cool song, I’m just going to download it ». Another thing is that, as far as physical copies go, making sure that the artwork and the packaging is something that somebody’s going to physically want to own and have and see. That’s one way they we try and stay on top of selling physical copies of albums.
Disashi: I read somewhere that one of the goals of it was try to prevent other countries from stealing intellectual property from the United States, which I think is a reasonable thing to try to stop but at this point, the internet, it’s such a huge thing. There are so many businesses that just generate tons and tons of money, you know. If you can’t get businesses to back it, there’s no way it’s going to go down, people just aren’t going to
stand for it, i think. I don’t know how they’re going to prevent that kind of a thing, the internet is outta control. There’s no way you can really control it.
R: We know that Travie is more into Fashion… What do you think of fashion in France?
Travie: I don’t really consider myself a fashionista or someone who really spends a lot of time thinking about fashion or whatnot. I just like to go out looking good and feeling good. There’s a lot of really beautiful people in France that probably spend a lot of time in the bathroom getting
ready.
R: I have one last question: what about your show yesterday?
Everyone: It was fucking amazing! Great show!
Matt: It kinda felt like a show we would have played five or six years ago. Very small and intimate and just hot and humid and sweaty and
lots of bodies packed into a small area. So that’s kinda fun. It’s great to be in a position where we can play larger audiences as well. I think those larger shows offer a really cool feeling as well. To be able to play that close to your audience and exchange that energy is really cool.
Thank you guys for this interview !














<3
Merci !
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