Pour ma deuxième interview graphique j’ai eu le plaisir de poser quelques questions à Julien Rivoire aussi connu sous le nom de Bastardgraphics. Il nous a fait l’immense plaisir de créer pour The Chemistry Magazine un artwork exclusif sous le thème de la chimie (ci-dessus). Bon, assez parlé, place à l’entrevue.
Français
1. LA question de base pour commencer, pourquoi ce nom si particulier de Bastardgraphics? D’où t’es venue cette idée ?
C’est un nom en référence au mouvement Bastard Pop (aussi appelé Bootleg ou Mashup), que j’ai découvert autour de 2002, en même temps que la sortie du As Heard On Radio Soulwax Pt. 2 de 2 Many DJ’s, des mixes de Freelance Hellraiser ou de Osymyso.
Un mélange musical et un nom irréverencieux qui m’ont marqué à l’époque. Etant donné que je voulais moi aussi mélanger différents styles dans mon travail, j’ai choisi ce nom là, associé au graphisme et à l’illustration.
J’ai d’ailleurs par la suite réalisé plusieurs flyers et affiches pour des soirées Bastard Pop organisées en Angleterre.
2. Et dans la vie t’es vraiment un »Bastard » au sens propre ?
Par vraiment non, je suis plutôt un gentil garçon, même si j’aime beaucoup raler, notamment sur le comportement des français dans les transports en commun. Mais je ne prépare jamais de mauvais coups.
3. Sur The Chemistry on a des lecteurs venant de tous horizons, musique, mode, street culture, etc… Peux-tu en une phrase leur donner envie de s’intéresser à notre chère discipline qu’est le graphic design?
Ce n’est pas évident de convaincre quelqu’un de s’y intéresser, parce que l’intérêt pour le design graphique est en quelque sorte inné. On le ressent plus jeune lorsque l’on s’intéresse à la bande dessinée, au cinéma, aux planches de skateboard ou aux clips, ainsi qu’à tout ce qui se rapporte à « l’image » en général. Disons qu’une personne qui aime à la fois la musique, la mode et la Street Culture est forcément intéressée par le design graphique puisqu’ils sont intimement liés entre eux. Certains groupes musicaux sont par exemple indiscociables de leur image, c’est le cas pour Pink Floyd notamment.
4. Ca y est tu as maintenant dépassé le cap des 10 ans de métier, ça fait quoi d’être un ancien ?
Pas grand chose à vrai dire, j’ai encore l’impression d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. J’ai plus d’expérience par rapport à mes clients et à ma façon de travailler mais je ressens plus ou moins ce que je ressentais à mes débuts, avec bien sûr plus de sérénité. J’ai en tout cas toujours l’impression de ne travailler que depuis 2 ou 3 ans, et c’est tant mieux.
5. La crise de la trentaine c’est comment ?
Je n’y suis pas encore malheureux, j’ai n’ai encore que 29 ans. Je crains symboliquement ce cap même si je pense que ça va très bien se passer. J’apprécie jusqu’à maintenant le fait de murîr, et l’assurance que ça apporte. Ca ne m’empêche de toute façon pas de continuer à m’acheter des jeux vidéo et à secrètement rêver d’avoir un fusil NERF.
6. Tu t’es lancé très jeune finalement, comment ça s’est passé au début ? Tu as commencé à travailler dans une agence où tu avais déjà préparé ton petit plan, tu avais une base de données clients, etc…?
Je me suis mis directement en freelance parce que l’expérience que j’avais eu en agence ne m’avait pas vraiment convaincu. Je voulais pouvoir gérer mes projets de A à Z sans avoir de supérieurs directs, avoir mes propres horaires, travailler où bon me plaise… J’ai eu mes premiers clients grace à la mise en ligne de mon site, qui avait été remarqué à l’époque. L’enchainement a ensuite été naturel : de nouveaux clients, de nouveaux contrats, des rencontres importantes…
7. Tu as lancé il y a quelques jours sur la toile 3 posters »Kinetic Art » tu peux nous parler de ce projet plus en profondeur ?
C’est une série d’expérimentations sur le thème du Op Art, en noir et blanc, sur lesquelles je teste aussi quelques rudiments en 3D.
8. Tu fais aussi partie du collectif WOOD avec Xal et ease, qui pécho le plus? Et pourquoi? Évidemment ?
Nous sommes déjà tous en couple, mais dans un monde hypothétique où nous serions tous célibataires, je pense que ça serait Xal. Contrairement à ease et moi, il n’a jamais abandonné le sport, et se retrouve plus souvent au soleil que nous.
9. Plus sérieusement, vous vivez tous les trois dans des villes différentes, comment ça se passe au niveau du travail lorsque vous êtes sur un projet ?
On est très souvent en contact, et davantage lorsqu’il s’agit de travailler ensemble. Etant donné qu’une bonne partie de l’activité de WOOD se concentre sur des vidéos amenées à être mixées en soirée, rien ne nous impose une charte graphique collective. De ce fait, chacun produit ses images de son coté, qu’on joue ensuite en commun le moment venu. Pour d’autres projets, tels que du clip, on se retrouve dans la même ville pour un workshop d’une semaine ou deux, que ce soit sur Lyon, Paris ou Strasbourg.
10. Tu pars en ce moment dans un style un peu plus « vraie » 3D et moins 3D « illustrator », je pense notamment à Kinetic, Made of Wood ou encore le poster Spartacus Club. Qu’est ce que tu nous réserves ensuite ? Une petite info top secrète à nous lâcher sur tes projets à venir ?
Aucun secret à proprement parler. J’ai juste récemment découvert comment fonctionnent les logiciels de 3D et j’essaye d’exploiter ça du mieux que je peux. Actuellement ça se résume littéralement à apporter du relief à mon travail sur les patterns, et à tester d’autres styles que mon piètre niveau en dessin ne me permettait pas d’aborder.
11. Cette interview touche à sa fin, je te remercie d’avoir été soumis à mon traitement, je te laisse adresser un dernier mot à nos apprentis chimistes.
Je ne sais jamais quoi répondre à ça. Partons donc sur un classique « Bonne année 2012 ! ».
Vous trouverez ci-dessous quelques artworks de Bastardgraphics ainsi que tous les liens utiles pour le contacter ou simplement observer ses travaux:
English
1. To start, the basic question: why did you chose such a particular name? Where did the idea come from?
This is a name in reference to the Bastard Pop movement (also called Mashup or Bootleg), which I discovered around 2002, when As Heard On Radio Soulwax Pt. 2 was released by 2 Many Dj’s, mixes from Freelance, Hellraiser or Osymyso. A musical mix and an irreverent name which had a big influence on me at this time. As I also wanted to mix different styles in my work, I chose that name, referring to graphic design and illustration. I actually realized a few flyers and posters for Bastard Pop parties organized in England.
2. And in real life, are you literally a “Bastard”?
Not really, I’m actually a sweet boy, even if I like to moan, especially about the way French people behave in the public transportations. But I never plan dirty tricks. The Chemistry has readers from different backgrounds such as music, fashion, street culture etc…
3. Can you make them want to get interested in our discipline, the graphic design, with one sentence?
This is not so easy to convince someone of getting interested in graphic design because this is something kind of innate. We feel it when we are young and interested in comics, movies, skateboards or music videos and everything generally linked to “image”. Let’s say that someone who like music and fashion as well as street culture is inevitably interested in graphic design because they are all intimately very close. There are a few music bands that are inseparable from their image, like Pink Floyd for example.
4. That’s it; you finally round the 10 years of work cap: how do you feel about
being a senior?
Nothing special to be honest, I still have the feeling that I’m increasing and discovering new things. I have more experience regarding to my customers and the way I work but I feel more or less the same thing I used to feel at my beginnings, with of course more serenity. Anyway, I still feel like I’m working for 2 or 3 years, and that’s good for me!
5. The thirty-years-old crisis: how is it?
I’m not in yet, I’m just 29 for the moment. I symbolically fear this cap, even if I’m sure it will be fine. Till now, I appreciate to mature, and the insurance that it brings. It doesn’t prevent me from buying video games and secretly dreaming of having a NERF weapon.
6. Finally, you got into graphic design when you were young, how was it at the beginning? Did you start to work in an agency or you already had our plans, a customers’ database etc.?
I directly begun in Freelance, because the experience I got in agency didn’t convince me at all. I wanted to be able to handle my projects from the start to the end without being under direct supervisors, to have my own schedules, to work wherever I wanted to… I had my first customers thanks to my website, which were noticed when it was put online. The chain was natural then: new customers, new contracts, important encounters…
7. A few days ago, you launched 3 « kinetic art » posters on the web, can you explain us this project deeper?
This is a set of experimentations on the topic of Op Art, in black and white, about which I also try some 3D things.
8. You also make part of the WOOD crew, with Xal and Ease… Who is picking girls up more? Why? Obviously?
We are all in a relationship, but in a hypothetical world where we would be single, I think it would be Xal. Contrarily to Ease and I, he never gave the sport up and he’s more exposed to sun than us.
9. More seriously, you live in 3 different cities, how are you organized to work when you are on a project?
We’re often in contact and more when we have to work together. As there is a big part of WOOD’s activity which is on animated videos to be mixed for parties, we don’t have any visual style imposed. As a consequence, each one realizes his images and we play them in common at the right time. For others projects such as video clip, we meet in the same city to work together for a week or two, in Lyon, Paris, or Strasbourg.
10. You’re beginning to work in a style which looks like « real » 3D and less « illustrator 3D », I’m thinking of Kinetic, Made of Wood or the Spartacus Club’s poster. What do you hold us next? Is there any top secret info you could leave us about your next projects?
No secret, I just recently discovered how 3D softwares work and I try to run it as I can. It sums up to bring relief to my work on the patterns, and try other styles that my low drawing level didn’t allow me to try.
11. Here is the end of this interview, I thank you for being submitted to my treatment, I let you say a last word to our chemist trainees.
I never know what to answer to this… Let’s have a classical « happy new year 2012! »
Check out some of Bastardgraphics’ artworks below, as well as some links to contact him or have a look at some of his work:
Links:
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Bastardgraphics on Behance
Bastardgraphics official website
WOOD official website
info@bastardgraphics.com






















