Français
Chaque semaine je serais votre humble serviteur en ce qui concerne la musique électronique. Je vous parlerais aussi bien de nouveaux talents que de producteurs qui ont déjà fait leurs preuves à travers des critiques d’albums ou des biographies. Pour mon premier article, voici ma critique de l’album ƒin du producteur espagnol John Talabot :
John Talabot c’est d’abord le capitaine du navire underground du néo-disco arrivé à bon port l’année dernière qui, en plus d’avoir fait des émules, c’était imposé comme l’homme à suivre en 2012 au vue de ces quelques maxis prometteurs, sans stéréotypes. Réussissant à séduire aussi bien les auditeurs aguerris que les jeunes novices en matière de house, Talabot était donc attendu au tournant. Après une période de réflexion, le voilà avec son premier long format.
Dès le morceau d’introduction Depak Ine, on s’introduit dans la jungle musicale du monsieur. Le début du morceau nous plonge dans une ambiance moite et flippante façon bande originale de Lost avec des cris d’animaux exotiques en fond avant de nous rassurer avec des nappes de synthés incroyablement juste qui remplissent l’espace et nous dévore de l’intérieur avant de nous faire perdre pied. Le ton est donné. Entre expérimentations langoureuses et beats hypnotiques, entre expérimentations hypnotiques et beats langoureux, John Talabot se révèle. En plus, en s’engageant vers la voie de la pop avec une certaine justesse, il entraine avec aisance son auditoire vers la mélancolie (El Oeste, Oro y Sangre, Journeys, Last Land et son doux parfum asiatique) et la piste de danse (Destiny, When The Past Was Present, ce dernier étant d’ailleurs une sorte de revival des tubes house 90’s). Le producteur conjugue à la fois passé et présent, musique et société avec subtilité. Tiraillé entre l’optimisme de la musique dansante et la tristesse qui règne un peu partout en ce moment, Talabot balance alors So Will Be Now…, belle conclusion sous forme de deep-house pour un album qui s’intègre dans son temps tout en devenant intemporel.
Avec ƒin, John Talabot nous plonge dans le côté le plus sauvage, le plus hybride de la house. Avec sa pochette et ses sonorités, l’album aurait pu s’intituler « Carnet de voyage sous les tropiques ». Un voyage qui peut parfois frustrer du à la durée très courte des morceaux pour ce style musical mais qui laisse à rêver. Pour cela, il suffit de fermer les yeux, et nous voilà après une fête sur la plage, debout sur le sable, les yeux vers l’horizon, oubliant le monde qui nous entoure face à ce soleil musical éblouissant.
English
John Talabot is firstly the captain of the underground neo-disco ship which arrived last year and, out of being a model for some people, grew on as the man to follow in 2012, thanks to the few promising EPs, without stereotypes. He seduced the good listeners such as the young novices in house, so he was really expected. After a reflexion, here he comes with his first LP.
Since the introduction track Depak Ine, we get into the musical jungle of the Sir. The beginning of the track take us in a muggy and scary ambiance, kind of the Lost’s soundtrack, with exotic animals’ screams, before reassuring us with incredibly perfect synths leads which fill the space and devour us from inside to make us lose ground. He sets the tone. Between languishing experimentations and hypnotic beats, between hypnotic experimentations and languishing beats, John Talabot is revealing himself. Moreover, getting into Pop with a certain accuracy, he easily takes his audience to melancholy (El Oeste, Oro y Sangre, Journeys, Last Land and its sweet Asian perfume) and the dance floor (Destiny, When The Past Was Present, which is actually a kind of 90’s house revival). The producer gets the past and the present together, music and society with nuance. Torn between the optimism of the dancing music and the sadness which reigns everywhere at this time, Talabot drops So Will Be Now…, a beautiful conclusion with deep-house for a record which belongs to its time while being timeless.
With ƒin, John Talabot takes us to the most savage, the most hybrid side of the house. With its artwork and its sounds, the album could have been called “Travel Journal under the tropics”. This travel could frustrate (because of the short length of the tracks) but allows us to dream. You just have to close your eyes and imagine us after a party on a beach, standing on the sand, looking at the horizon, forgetting the world we live in in front of this dazzling musical sun.
John Talabot - ƒin iTunes / Amazon
-Liens-
John Talabot Facebook













