Artiste : Beach House
Album : Bloom
Label : SubPop
Date de sortie : 15 Mai
Disponible sur : Itunes
Ce fut avec jubilation que je me branchais, hier, sur le quatrième album de Beach House intitulé Bloom (dans les bacs le 15 Mai). Après le Teen Dream de 2010, ce nouvel opus de la carrière du duo de musiciens allait-il autant séduire que le précédent ? Le premier titre “Myth” s’en charge pleinement et livre une somptueuse chanson bien encrée dans le modele Beach House. Séduisant, mélancolique, rêveur, envoutant, ce titre ne laisse guère voix aux détracteurs. S’en suit une serie de chansons, certes, quelques unes plus charismatiques que d’autres. Et je cite avec ferveur, Lazuli, Other People, The Hours et Irene, quatre morceaux de Dream Pop qui enchantent de par leur mélodies et interprétations bien ficelées. Enivrante et exaltant cette atmosphere unique a Beach House, cette succession de bon morceaux est vouée au plaisir auditif de ceux qui en ont la prédilection.
Ceci dit, à la fin de l’écoute, un dilemme d‘envergure s’est présenté.
Un groupe de musique se voit juger historiquement , non simplement par une chanson brillamment exécutée, mais par sa discographie et son patrimoine musical. Comment ce groupe a-t-il évolué à travers le temps ? Quelles sont ses recherches soniques ? Les thèmes de leur oeuvre ? La progression artistique à travers chaque album… Historiquement parlant, la majorité des grands groupes ont tous évolués musicalement. Que ce soit les Beatles, qui sont passés d’une musique pop rock victorienne à de la folk, du hard rock, du rock psychédélique, du reggae, de la soul…. Ou ces jours-ci avec bien sûr Radiohead qui a fait de chaque album une expérience sonore….
Dans le cas de Beach House, hormis un son plus poli, Bloom ne révèle aucune surprise. Cet album pourrait facilement s’intituler “Teen Dream : Disc 2” d’où une déception assez flagrante d’un album qui ne révèle en rien une évolution quelle qu’elle soit. En effet, le dilemme de Bloom se réfère à la qualité d’un album bien écrit mais sans aucune prise de risque.
Je serais bien entendu naïf de comparer les Beatles ou Radiohead à Beach House mais le principe de base n’est il pas le même ? Dans son contexte discographique, Bloom n’entame aucune révolution ou ambition progressiste. Sur ce, l’album est décevant. Par contre, hors contexte, Bloom est un très bon album qui ravira tous les fans de Beach House.
Le grand débat existentiel d’aujourd’hui est de mesurer la valeur de l’oeuvre selon deux critères différents : Bloom dans un contexte unique ou Bloom dans sa discographie?
De l’album Teen Dream:














Bon analyse de cet album très (trop) proche sonorement de Teen Dream. Ils devront certainement se renouveler si il veulent rentrer dans la cour des groupes mythiques. Mais est-ce là leur ambition artistique ?
Je reste cependant sur ma faim à l’écoute de morceaux dont l’identité pop s’affirme un peu trop, notamment à travers la voix de Victoria LeGrand qui perd de sa résonance énigmatique.