Français
La folie est la norme.
La première fois que l’on m’a parlé de Nils c’était pour me décrire un fou. Evidemment dans mon entourage, les gens ont une tendance à s’auto-qualifier de fous ; je ne me laissa pas emparer de ces dires et décida donc d’aller sonder cet être décrit comme si « particulier ». En fait, j’en ai conclu que les gens qualifiés de folie n’étaient rien d’autre que l’expression de comportements anormaux. D’ailleurs étonnamment, il ne m’a pas paru plus fou que certains de mes amis, je continua ma quête de la compréhension en consultant l’oracle (Google) pour en découvrir ceci : la folie est un spectre de comportements caractérisés par des degrés mentaux et comportementaux anormaux ; elle peut se manifester en tant que violation des normes sociales. Et voilà ! Pourquoi sommes-nous entourés de gens qui se croient fous ? Pourquoi l’on vous pense fou ? Pourquoi tu te revois dire : ce mec est timbré ? Car il y a dans chaque groupe d’hommes et de femmes, dans chaque groupe « social », certains qui décident d’aller en contre les normes pré-établies. Ces gens là ne sont pas fous. Ils vivent comme ils l’entendent en s’extrayant naturellement d’un conformisme trop abrupt.
Don’t grow up, it’s a trap.
Le piège c’est de ne pas se laisser prendre par la pensée des autres. Comme dirait Damasio : « Il n’y pas de secret, pas de secret, il y a une vérité simple, sobre, crue, quoi. « La horde du contrevent » tu la réussiras uniquement si tu t’isoles si tu t’isoles quoi! Tu comprends ce que ça veut dire isole ? Isola, l’ile quoi! Tu créés ton île et tu l’effaces au maximum il faut que les gens soient extrêmement loin de toi, mais loin parce que ton univers sera vaste, sera immense, sera énorme, énorme univers, l’énorme puissance de l’univers... » Alors l’univers de Nils c’est quoi ? C’est quoi son île à lui ? Ce sont les dessins d’un enfant compulsif qui puise sa force dans le cinema d’art et la contre-culture punk. Il se livre à des créations tendres, brutales, presque indigestes qui annoncent avec un humour désaxé, une post-apocalypse ou une anarchie rêvée.
Bertho’s Island.
- Dessins au rotring et encre de chine sur toile, sérigraphiés sur plaques d’altuglas de dimensions variables. -
Les dessins de l’album « Carte de jeux † » ont pour thématique les enfants diaboliques. Le diable n’a pas à se montrer sous un aspect monstrueux, il a tout intérêt à se cacher sous l’apparence et les traits de l’innocence.
Nils se réfère à une inspiration cinématographique « Le village des Damnés », « Como puede matar un nino », « the children », « Damien »…
Nils : « Les enfants obéissent à leur propres règles, – c’est aussi en cela qu’on les voit un peu fous – ils n’ont pas besoin des adultes, ils se livrent à des rituels macabres ou absurdes, ils portent souvent des masques étranges (dialogue avec les puissances occultes) y’a souvent un côté cruel et de l’humour noire. »
A partir de quoi travailles-tu ?
Nils : « Il m’arrive parfois de partir de photos de mes albums de famille, dans ce cercle « semi-intime » je recherche les photos « miracles », celles qui me fascinent visuellement, souvent des enfants avec des masques ou des situations étranges, j’agrandis l’image comme pour en percer le mystère un peu à la manière du film Blow-up, puis je la dessine, la modifie, la réinterprete, me l’approprie. J’ai toujours voulu raconter des histoires, mes propres contes. Y’a aussi un côté fin du monde rêvé, les thèmes comme 2012 me font rire et me laissent champ libre à tous mes délires (des hybrides qui se baladent la nuit, un soleil, souvent rouge est là, il surplombe le tout et renforce l’atmosphère d’êtres venus d’ailleurs). »
A propos : N. Bertho est diplômé de l’école des Beaux Arts de Nîmes (DNSEP) en 2011, il joue sur scène dans les groupes Trash Mongo et Gros Bambi, spécialisé en dessin, performance et installations vidéos, il ouvre Le Mat dès fin septembre, lieu d’exposition (3 rue Voltaire, place st roch, Montpellier)
English
Madness is the norm.
The first time I’ve heard of Nils, people called him crazy. Obviously in my circle of friends, they tend to qualify themselves as mad ones; I didn’t to stop at prejudices and decided to poll on this “so unusual” human being. Eventually, I realized that what people called crazy was nothing but the expression of unusual behaviors. As a matter of fact, he surprisingly didn’t appear to me madder than some of my friends, so I carried on my comprehension quest by consulting the oracle (Google) and discovered something else: madness is a spectrum of behaviors which are characterized by unusual mental and behavioral degrees. It can be shown by the violation of social norms. There we are! Why are we surrounded by people believing they’re mad? Why people think you’re mad? Why do you picture yourself saying “that guy is nuts”? Because in every men & women group, in every social class, some decide to go against the pre-established norms. These people aren’t mad. They live just like they want to, by naturally climbing out of a way to abrupt conformism.
Don’t grow up, it’s a trap.
Trap is when you let yourself influenced by other people thoughts. As Damasio would say: “there’s no secrets, no secrets; there’s a simple, sober, dry truth. “the horde of the shutter” you’ll achieve it only if you isolate yourself, isolate yourself man! Do you know what it means “isolated”? Isola, the island man! You create your island and you rub it out as much as you can; people must be extremely far away from you, but far away because your universe will be vast, huge, enormous, an enormous universe, the enormous power of universe…” Then what is Nils’ universe? What is his island? It’s composed by drawings of a compulsive kid, drawing his strength in art films and the punk counterculture. He engages in tender, brutal, almost indigestible creations, which announce a post-apocalypses or a dreamt anarchy, in a deranged humor.
Bertho’s Island.
- Rotring drawings and India ink, silks screen printed on Altuglas plates of variable sizes.
The drawings of the album « Carte de jeux † » (“Playing Cards”) represent diabolic kids. The devil doesn’t have to appear in a hideous aspect, it is in his best interest to hide behind the appearance & features of innocence.
Nils refers to cinematographic inspiration: “Village of the Damned”, “Como puede matar un niño”, “The Children”, “Damien”…
Nils: “Kids obey their own rules, -this is partly why they’re considered a bit crazy- they don’t need adults, they engage in macabre or absurd rituals, they often wear strange masks (Dialog with mystical powers), there’s often a cruel aspect and dark humor.”
What do you use in work?
Nils: I sometimes start from photos of my family albums. In this “half-intimate” circle, I look for “wonder photos”, the ones which visually fascinate me. It’s often kids with masks or in strange situations. I enlarge the photo, as if I was trying to penetrate the mystery like in Blow-up movie, then I re draw it, modify it, re interpret it, and take it. I’ve always wanted to tell stories, my own tales. There’s also the idealized end of the world aspect; themes like 2012 make me laugh and free me to express my deliriums (hybrids walking in the night, there’s often a red sun which overhangs the whole thing and strengthen the “we come from elsewhere” atmosphere).”
By the way, N. Bertho graduated at Les Beaux Arts of Nîmes (DNSEP) in 2011. He performs with the bands Trash Mongo and Gros Bambi. He’s specialized in drawings, performance and video installations. At the end of September, he’ll unveil Le Mat, an exhibition place (3 rue Voltaire, Place St Roch, Montpellier).
Translated by Elena Moral
Carte de jeux † – 2012
Dessins rotring sur toile – 2010
Toiles exposées à la Xavier Ronse Gallery
Série de dessins



















































