Album : Dawn
Label : Serenades
Date de sortie : 14 Mai 2012
Disponible sur : Beatport
En voyant apparaître plusieurs fois le nom de Roberto Rodriguez sur le tapis vert de la blogosphère (de qualité, celle que je fréquente), de grands et reconnus artistes misant dessus (Marco Resmann place un de ses morceaux dans son dernier mix pour Watergate), ma première réaction fut l’incrédulité. Son nom n’évoquant que la face ultra-médiatisée du monde de la nuit, peuplée de DJ Stars aux patronymes vaguement américanisés «mixant» devant des dizaines de milliers de clubbers sans toucher à un seul bouton.
Loin de moi l’idée que tous les noms à consonance hispanique se ressemblent, mais mon esprit biaisé ne pouvait s’empêcher d’associer le bon Roberto à son quasi-homonyme (d’accent) : Roger Sanchez, vous connaissez ? Moi non plus avant cette sombre soirée Barcelonaise où j’ai assisté sans défense au carnaval d’un monde puant la luxure se trémoussant béatement sans tenir un seul instant compte du massacre musical pénétrant leurs oreilles.
Mais voyez vous je me suis trompé. D’une part parce que Roberto Rodriguez est Finlandais. C’est tellement gros que je ne peux pas l’avoir inventé. Et d’autre part parce que sa musique est loin de déployer le même génie dans la nullité que les bonshommes cités plus haut.
Son dernier album en date : Dawn est même suffisamment bon pour obtenir les grâces de ma chronique hebdomadaire.
Après une brêve mise en bouche acoustique (Tito), Roberto nous emmène dans son univers. Univers qui colle parfaitement avec la température ambiante (chez moi en tout cas). Parfait pour se réveiller de bonne humeur, Show Me, Eternity et I Believe In You forment la colonne vertébrale du disque. Au programme : de la house ensoleillée, dansante et rafraîchissante. Quelques défauts sont à déplorer (la voix du bonhomme, très travaillée ne m’apparaît pas comme indispensable), mais rien de très pénalisant. Love Withdrawal continue d’enfoncer le clou de la danse dans votre tête. Super efficace, donnant peut être encore une fois dans la facilité, le morceau réussit sans difficulté à atteindre son but : vous emmener danser.
Dernier sursaut dance avec Tell Me sur lequel la Sud Africaine Kholi pose sa voix, avant d’entamer le «ventre mou» du CD.
Saturn, Eva et Shibuya se cherchent, point de ligne directrice sur ces morceaux, la balade mélodico-techno de Saturn en saoulera plus d’un, moi y compris, tandis qu’Eva s’invente des inspirations euro-dance. Roberto Rodriguez s’essaye à différents styles, sans réussite. Mais passons. Heureusement, Body Right et encore plus Lies sont là pour rehausser une dernière fois le niveau. Impossible de ne pas se trémousser sur les basses claquantes et les claviers traînants.
Dawn n’est définitivement pas l’album de l’année. Son inconstance lui est fatale. Les bons morceaux sont bons, les autres ne sont pas terribles. Mais la richesse sonore et les idées gagneraient à être développées, les idées sont là mais pas toujours utilisées à bon escient. En bref, un album ensoleillé, qui aurait très bien pu tenir en 5 pistes. Idéal pour danser sur le sable d’ici quelques mois.
Liens :
Roberto Rodriguez : Soundcloud / Facebook
Serenades : Website













