Album : My God Is Blue
Label : Record Markers
Date de sortie : 16 Avril 2012
Disponible sur : Record Makers
Il y a quatre ans, Sébastien Tellier créait l’évènement en s’associant avec Guy-Manuel de Homem-Christo (moitié des Daft Punk avec Thomas Bangalter) pour son album Sexuality. Un disque à la fois sensuel, forcément, mais également nostalgique, pop et presque kitsch, surprenant après Politics sorti quatre ans plus tôt. Nous voilà en 2012, le trublion de la chanson française fan de Christophe et de François de Roubaix s’associe cette fois-ci à Mr. Flash, producteur d’Ed Banger Records, amateur de sons 70’s et guitare retro. Qui de mieux pour produire My God Is Blue ?
Après avoir découvert tout le concept qui tourne autour de ce nouvel album (sa non-secte l’Alliance Bleue et sa position de gourou bienfaiteur), on se demandait ce qu’allait rendre ce délire bleu en musique. Après l’avoir écouté en avant-première sur iTunes la semaine dernière, le meilleur moyen pour vous faire ressentir l’énergie de ce disque semblait être la critique titre par titre.
- Pépito Bleu : Une intro d’album qui donne le ton. Très spirituelle par ses chœurs, la voix grave de Tellier et l’arrangement du morceau fait immédiatement penser à du Gainsbourg. Court mais intense.
- The Colour of Your Mind : Après un début Kraftwerkien, le morceau part dans un délire electro. Une sorte de ballade groovy coincée dans une faille temporelle entre les années 1970 et les années 2010.
- Sedulous : Avec la production de Mr. Flash sur ce titre, on se rapproche presque de son deuxième album Politics. Des synthés reggae, un côté spirituel très avancé, une façon pour Sébastien Tellier de nous faire adhérer à son Alliance Bleue et sa musique spirituelle voire spiritualisante. La guitare avec reverb en conclusion laissera rêveurs les plus kitsch d’entre nous.
- Cochon Ville : C’est le seul titre qui se détache des autres. Un morceau disco complètement barré avec des violons tout droit sortis du Lac des Cygnes. Une façon de faire danser ses fidèles comme le montre le clip de Alex Courtes qui gâche par ailleurs le peu de potentiel qu’avait le morceau.
- Magical Hurricane : Comme tout droit sorti d’une oeuvre d’un space opéra, cet ouragan musical se révèle majestueux et premier pilier de My God Is Blue.
- Russian Attraction : Avec une production qui ne fait pas dans la délicatesse à cause d’un beat bien lourd, le morceau prend une tournure très « cinématographique », B.O. d’un film de guerre avec une voix christique, entre lourdeur et admiration. On cherche encore.-
- Mayday : Un côté ballade sous les tropiques un peu kitsh façon « Les sous-doué en vacances » ou mauvais film de série B française. Avec des relans de Sexuality, la trompette finale est clairement faite pour emballer un soir d’été.
- Draw Your World : Un côté B.O. d’Orange Mécanique, on ressent la production de Mr. Flash avec la guitare électrique 70’s et le synthé façon Motorcycle Boy.
- My Poseidon : La claque du disque. Morceau composé avec Guy-Man des Daft. Une production au millimètre, des synthés spatiaux planants, des harmoniques sublimes et la voix de Tellier très travaillée, presque un côté James Blake grandiloquent. Sublime.
- Against the Law : Un délire electro-pop avec une nappe de synthé qui fait penser à un hymne pour vidéo de secte sur YouTube. Quasi loufoque par son orchestration et ses paroles (« C’est qui cette histoire de coiffeur ? C’est n’importe quoi. Oui, mais c’est beau »).
- My God Is Blue : Une intro calme avec un côté médiéval avant de partir dans un délire comédie musicale façon Broadway comme l’était parfois son Politics. Toujours des chœurs christiques, sorte de fil rouge de l’album et des breaks avec des synthés assez sympas. S’il devait être l’hymne de l’Alliance Bleue, ce serait parfait.
- Yes it’s possible : Un orgue d’église nous plonge dans la conclusion de ce disque avant de partir dans un délire guitare kitsch 70-80’s. Le synthé qui ponctue les phrases de guitare peut faire penser à des productions de Giorgio Moroder. En bonus, un final épique par sa guitare genre Queen.
My God Is Blue est, comme d’habitude, une œuvre unique dans la discographie de Sébastien Tellier. Les compositions du monsieur ainsi que la production de Mr. Flash nous ramène tout de même à la fois à l’album Politics mais aussi, et plus surprenant, au premier album L’Incroyable Vérité. La « faute » à son manque de single (à part peut-être Cochon Ville) qui se détacherait de l’ensemble. Alors que dans Politics on trouvait La Ritournelle et que dans Sexuality on trouvait Divine, L’Incroyable Vérité était à aborder comme un tout et ce qui semble être également le cas pour l’œuvre bleue de Tellier. Un tableau spirituel, presque un opéra rock façon The Wall des Pink Floyd, sauf qu’ici le manifeste n’est pas l’isolement mais l’amour d’une entité supérieur. Un album puissant, fédérateur et maîtrisé malgré les petites fautes de goût souvent dues à la production un peu poussée de Mr. Flash.
Psychédélique, décalé, comme d’habitude Sébastien Tellier nous fait voyager dans son esprit illuminé et cela, toujours avec le plaisir du partage. L’album ainsi que son mouvement l’Alliance Bleue apparait alors comme l’œuvre ultime du chanteur… Jusqu’à la prochaine ?
Sébastien Tellier – Cochon Ville (Official Music Video – Uncensored Version) from Record Makers on Vimeo.













