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Music

20 février 2017

Tell : « Love Story » EP, le nouveau « Tell Gate »

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Written by: David
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Artiste : Tell
EP : Love Story
Label : Wax Classic – Skylax Records
Date de sortie : 10 Février 2017
Disponible sur : Deejay, HHV

Pour cette chronique, je vous conseille mes chimistes d’éteindre votre téléviseur…

Entre deux bûchés (ou buchettes) médiatiques sur un problème de moralisation de la vie politique ou de rationalisation des institutions publiques ; en rapport avec le cas Fillon notamment ; Entre deux ou trois détournements de fonds publics (et ce dernier mot revêt tout son sens en particulier), conflits d’intérêts (privé/public), affaires de proxénétisme (Quid de « l’enfant repenti » D. Strauss-Kahn?), le cas J. Cahuzac quelques années plus tôt afin de « redorer » certains déboires « à la française » et pour vous rendre compte« rendre compte » : une expression qui conserve là aussi une certaine teneur – que ces scandales politico-médiatique, politico-financier/lobbyiste ont toujours généré (suivant duquel côté on se place bien-sûr – adoptez une posture candide à ce propos) un ensemble de phénomènes dramatique, révoltant, chaotique, bénéfique (et oui!), prolifique (pour la tenue du débat au travers des médias) ou tout simplement pathétique. Vous pourrez toujours en parler à ce « bon » vieux R. Nixon si vous aimez remonter le temps (ou pas) (je parle de cette affaire qui a débuté en 1972 à D.C – le « watergate ») spoliant entre autre la mémoire de ce bon vieux Kennedy de souche irlandaise – et en détruisant les preuves de son assassinat orchestré (entre autre) par une branche de la C.I.A mandatée pour l’occasion. R.I.P. Bref, du blabla peut-être mais utile afin de contextualiser ici l’objet de cette chronique qui prête au « scandale ».

Autant vous dire qu’en 1972, le « Watergate Scandal » aux U.S.A (tout comme le « Penelope Gate » en France (pardon, « à Paris ») en ce début d’année 2017 n’ont pas eu d’impact sur les sorties musicales (on y vient, doucement) – Heureusement! – Fin 1971, formation des Sisters Sledge avec la renommée qui s’en suivie. Début 2017 (petit bon en avant) : retour des Daft Punk qui « sauveront » (en prévision) à leur manière cette « french touch » et peut-être la notoriété en partie ébréchée de notre très chère France…

Passer du « lard » au « beurre de cacahuètes » (comprenez par ces termes les différents scandales évoqués ci-dessus) sur fond de lyrisme musical ou sur fond de politique vaseuse/gadoueuse (Oui, je touche le fond…) « coule de source » non ? C’est comme faire de la politique « politicienne » (pour les néophytes : politique pratiquée actuellement en France) en cachant sous son « manteau » (ou ce que vous voulez) quelques intérêts inavouables face à une morale sociale (entendez l’opinion publique) indomptable et renforcée par ce fameux quatrième pouvoir : le(s) média(s). Débat déontologiquement impossible.

Alors, à défaut d’avoir à porter de main ce « manteau » après un hiver où le redoux a suffisamment été bénéfique pour ma platine vinyle (et la vôtre?), où il n’y a que « l’underground qui paie » (« Stay Underground It Pays ») pour reprendre l’une des devises du boss de Skylax, Joseph Bendavid, il était de mon devoir d’instituer un nouveau « scandal » ou scandale – « as you want » – au sein de la « musicosphère » cette fois-ci : le « Tell Gate ».

Evoquons ensemble avec intérêt palpé d’une curiosité des moins déplaisantes cet « outsider » (je ne parle pas de Macron). Depuis mon article daté de 2014 sur un certain « August » EP institué chez les copains de House Running (Belgique), Tell en a fait du chemin. Toujours est-il que juste après cette sortie (dans les mois qui s’en suivirent), Beat X Changers lui ouvre des portes à Paris et ce dernier les franchie sans aucunes craintes…

Plusieurs collaborations naissent alors et quelques signatures apparaissent : avec Name notamment et leur « Grand Ecart » EP, une « Boiler Room Debuts » (référencé par B.R) des plus magistrales concernant le morceau « In Suspension » (Banoffee Pies Records) et bien plus…

Alors, je m’arrête trente secondes pas plus : je pose mon verre d’eau sur la table et en pseudo-psy débutant, je fais appelle à la psyché (psychologie analytique) afin de comprendre au mieux ce grand jeune homme : turbulente jeunesse ? Déboire(s) d’une ou plusieurs soirées parisiennes riches en émotions ? Conservatoire de musique accéléré ? Confidences d’un jeune homme bien dans son caleçon ?

On y vient enfin…

« Love Story » EP [Wax Classic, WXC019, sous-label de la Maison Skylax] met un certain « LA » à une vision élargie que Tell se fait de la musique house. Un groove retentissant, un « beat » enrichissant et une dynamique redondante qui exploite les notions de la soul. Une bonne vielle deep millésimée, adoubée par un mentor doué de conseils et de culture : Hardrock Striker a.k.a Joseph. C’est dans ce « bouillon familial » qu’est né ce « scandale » positif car s’il y en a bien UN (scandale), c’est celui de Tell. Et si je puis me permettre : ce « gamin » est « sanguin », talentueux, généreux – du moins en sorties musicales – bref, génial !

On apprécie l’ensemble des sorties qu’il nous concocte gracieusement dans son petit appartement. Une certaine façon d’extravertir un travail longtemps posé à feu doux sur la vieille gazinière de grand-mère. Chose sûre et rassurante, ce monsieur a du goût. Je ne suis pas là pour vous dresser le portrait d’un jeune disc-jockey français puisqu’il est très simple aujourd’hui de devenir « The » dj. Non, je dresse/on dresse ; avec le concours de The Chemistry ; par un léger pinceau (couleurs vives s’il-vous-plaît) le travail d’un producteur-brocanteur (rien de péjoratif), bidouilleur de fréquences et qui sait affirmer de par une certaine élégance cette musique underground « racée ». C’est tout en beauté, formes encourbées, que Tell absorbe dûment un certain rite issu de quartiers américains pour l’essentiel ; à l’époque même où Frankie Knuckles (pour n’en citer qu’un) parcourait les rues du Loop de Chicago ; Bohémien, visionnaire, dans le plus cool de ses habits, Tell, visage émacié, redessine ces quelques courbes, ces rides, d’un passé longtemps distillé dans les rues de Brooklyn (ou d’ailleurs) où la ferveur allait de bon train, de l’avant. Où la drogue (n’ayons pas peur du mot) était monnaie courante comme elle l’est encore aujourd’hui. Où la soul comme le jazz (« jizz ») alliaient au sexe une entreprise humaine, réconfortante et chaleureuse. Et enfin, lorsque toute une communauté vaquait à ses occupations de jour comme de nuit dans ces quartiers que l’homme blanc avait quitté/délaissé pour raison de crise (ou qu’il n’avait pas encore investi – à comprendre dans les deux sens). Une réalité sociale que redéfinit indirectement Tell de manière plus personnelle/intime sur cet EP comme d’autres artistes : l’histoire d’un « boy » fraîchement débarqué sur Paname avec l’onction et la conviction de promouvoir ses créations : entre galères de cœur, d’argent et options (de vie).

Sans attendre, le premier morceau intitulé « I Don’t Give A Shit »  (A.1) où la symbiose faite par un violon arrondie l’horizon : entre « clap » prononcé et duré : house « deepée » et linéarité. C’est toute l’histoire d’un grand passé qui se trame derrière ces faces « vinylisées ».

Le titre « I Will Pass Out But Something Keeps Me Holding Back » (A.3) retient mon attention avant de conclure cette première face. Quelle idée a-t-il à ce moment là dans l’esprit ? Outre cette pensée à demi-mot morbide, je me pencherais sur la rhétorique historique : mais quelle nostalgie d’une Détroit endormie ! Une « Belle-au-Bois Dormant » sur son lit et ce crie d’une profondeur inouïe. Une solitude « synthétisée » nous envahie. Chemin faisant, Tell poursuit et sa passion avec lui.

« By The Time I Get To Paris » (B.1) : véritable flux rythmique où les « shirley » s’entrecroisent comme le font les voitures en plein boulevard. Introspection totale pour ce jeune d’origine tourangeau (ce qu’il ne vous dira pas) qui, dès lors, remonte le Champs de Mars. Ah Paris ! Endroit enrichi d’un « background » musical éclectique. Une vision franco-française de notre capitale où l’on se dit généralement qu’il faut tenter la scène parisienne pour se dresser et débuter sa carrière artistique. Et pourquoi pas ? Compromis certain entre vies nocturne et diurne, croisée des chemins laissant un regard incertain pour la suite de notre « aventurier ». Bob Morane n’aura qu’à se méfier…

A retenir enfin le dernier morceau qui conclut merveilleusement bien ce vinyle introspectif (bis repetita). Ce titre qui se doit de vous chambouler ou donner raison de croire en la « house music ». Deep effrénée, endiablée d’un voile succulent et d’un groove tintant, j’ai nommé : « Get Out Of My Mind » (B.2). Une nécessité de le réécouter en boucle (en « loop ») afin de se donner l’impression d’avoir produit sois-même ce morceau (flattez un peu votre ego) ne serait-ce qu’un instant. Vocal frémissant, lancement imminent. On portera toute l’attention au-dit vocal (soul!) qui représente le plus gros du travail : entre sensualité exhibée, émerveillement calculé, rien ne vaut l’envie de remonter les quelques années qui nous séparent pour percuter de plein fouet le pavé d’un « Downtown D.» subjugué de clubs et garages d’habitués. Une « black voice » comme il s’entendait sur les sorties de Strickly Rythm et consorts entre autre. Un morceau qui classe certainement cet EP au top niveau ! Merci Tell pour cette perle qui rafraîchit – je le crois – nos mémoires de vieux ou jeunes platinises – émérites ou non. A danser, à retourner dans la plus immédiate des situations. [Petit complément : ce morceau agrémentera avec délice une entrée de set pour calmer vos supplices].

Avant de conclure, j’aimerais ajouter (en toute subjectivité) qu’il s’agit ici d’une sortie qui amorce une année 2017 très riche pour Skylax. Tell nous sert un plat cinq étoiles qui pour ma part complète la lignée de jeunes producteurs (basés House/Deep House) « made in » France (cf. Garage Shelter [WAX Classic 012] pour l’exemple). A découvrir sans lésiner sur les moyens : tant que l’esprit Soul perdure et que cela vous aseptise un maximum, je me dois de vous dire que cette culture est encore bonne à prendre.

Enfin, pour ne pas faire court immédiatement sur cette très belle release : abandonnez-vous sur un (vrai) dancefloor et appréciez les premières notes d’un synthé. « détroiisant », galvanisant certains moments du passé. Nostalgique, dépoussiérez-vous de cette couche insalubre et arrogante, de cette crasse tabagique et noire. Ecrasez calmement votre cigare (pour les plus notables d’entre-vous). Mais avant d’entrer dans un de ces clubs parisiens pour vous déhancher librement, prenez la file que vous apercevez devant vous. Il fait déjà bien noir, nous sommes samedi soir, il est tard. Pigalle s’émerveille et le tout Paris veille. PAF : 10 Euros. Tell vous accommode alors de sa musique comme il faut… BINGO.

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David
David, Co-founder Label Barbe, Dj/Producer à Dave John's, love people who keep a smile.




 
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