Bienvenue à tous pour cette quatrième édition de The Truth Serum.
4ème semaine 4ème expérience, et pour cette fois ce n’est pas une personne mais deux qui passeront le test du sérum de vérité. Fabrice Delcambre et Sébastien Plé composent le groupe Stereoheroes depuis maintenant 5 ans et parcourent le monde et les plus grands festivals. Taillée dans la roche, la musique du duo retourne sans problème les foules les plus frigides à coup de gifles derrière les oreilles. On retrouvera dans leur carnet de santé une bonne centaine de morceaux, dispatchés entre compilations, remixes et EPs. Leur dernier en date, Deviations, sorti sur Child’s Play, sous-label de Om Records, est une boule d’énergie concentrée en 3 titres. La suite de leurs aventures devrait d’ailleurs se poursuivre sur Dim Mak très prochainement. Joyeux, fous et furieux, les patients parfaits pour devenir les cobayes de ma chronique.
The Truth Serum #1
The Truth Serum #2
The Truth Serum #3
Interview
- Evitons les pincettes et rentrons dans le vif du sujet : bosser en duo ça engendre forcément des désaccords, si vous deviez vous reprocher quelque chose l’un à l’autre ça serait quoi ?
Sébastien : Fab boit trop.
Fabrice : On n’a pas vraiment de désaccords concernant SH et encore moins de choses à se reprocher, on prend ça comme ça vient depuis 5 ans. Par contre parfois Seb aime bien écouter le chef cochon et René la taupe.
- Justement ça fait 5 ans que vous évoluez dans le milieu et on a vu passer (à notre connaissance) que 4 EPs (sur label, à vérifier). Fainéantise ou pas envie de se concentrer sur une étape supérieure comme un album ou des sorties physiques ? Et on évite l’excuse du « on n’avait pas de label ».
Sébastien : En 4 ans, remixes compris on a sorti une centaine de morceaux donc ça va être dur de parler de fainéantise, je pense qu’on a été assez prolifiques ça fait un peu comme une dizaine d’albums tu vois, il y a des EPs, des CDs, des vinyles, des compilations etc. Par contre on a du mal à s’intégrer dans le schéma normal de distribution de la musique. Pour t’expliquer, notre prochain EP qui va sortir sur Dim Mak, les tracks auront plus d’un an quand vous les écouterez le 27 novembre prochain, on est plus du tout dans le même esprit qu’au moment où on les a faits, notre son a évolué, ça va être compliqué à défendre parce qu’on est déjà passé à autre chose. Mais on le fait pour l’étiquette, pour l’appartenance à des labels, il parait que c’est important. Avant on s’en foutait un peu, on finissait un morceau on le donnait le lendemain, les gens l’écoutaient, le téléchargeaient, le postaient sur des blogs, la dynamique était immédiate et le retour instantané, ça nous allait très bien comme ça. En plus de ça on donne souvent une meilleure vie à nos morceaux quand on les diffuse nous-mêmes qu’avec la plupart des labels qui releasent ça à l’arrache sans bonne promo et où ton EP passe complètement à travers. Un album on y pense, mais c’est devenu compliqué à mettre en œuvre aujourd’hui. Ca se fera en temps voulus, on est un « jeune » groupe.
Fabrice : En 5 ans, 4 EPs auxquels tu peux quand même ajouter une cinquantaine de remixes sur une quinzaine de labels et autres compiles.
Contrairement à nos débuts, aujourd’hui on se concentre plus sur des originaux, après Déviation Vol. 1 sorti en Septembre, un autre EP sortira fin novembre sur Dim Mak, suivra Déviation Vol. 2 début 2013. Pour l’album on a pas mal de prods sur le feu, on attend le bon moment et le bon label/major qui fera correctement son taf en matière de com’, promo et distribution.
- D’ailleurs, le but de cette chronique ici, The Truth Serum est de répondre la vérité à toutes mes questions décalées, histoire de connaitre une autre facette des artistes. Or avec vous j’ai l’impression que toutes les interviews sur internet que j’ai trouvées ne sont pas sérieuses et répètent effectivement les mêmes questions. Du coup on a plus l’impression de connaitre l’esprit humoristique et fêtard de StereoHeroes que l’esprit musicien/producteur. Ce n’est pas un peu gênant pour l’image ?
Sébastien : Tu sais la plupart des journalistes font mal leur travail, ils ne connaissent pas notre musique. Ils se souviennent de Washout et Boom Slang il y a 5 ans, ou ils ont juste écouté notre dernier remix pour Infected Mushroom, entre les deux ils n’ont pas remarqué qu’il y avait une sortie par mois en moyenne. Du coup ils veulent juste savoir pourquoi on utilise des moutons, et comment on s’est rencontré, c’est plus facile que de faire un background check correct en écoutant les 10 pages de notre soundcloud. Généralement on ne nous pose aucune question sur notre travail. Et comme on est des gens plutôt déconneurs et assez peu sérieux dans la vie on leur donne ce qu’ils veulent et on raconte des bêtises, surtout si on vient nous interviewer en soirée après un set. L’image on ne cherche pas à la travestir, on aime la rigolade et le n’importe quoi on va pas le cacher. Après les gens qui écoutent notre musique, qui viennent nous voir sur scène savent que ça va au-delà de ça et qu’il y a un gros travail derrière, des semaines entières où ça rigole pas du tout pour faire vivre le projet. C’est pour eux qu’on fait ce métier.
Fabrice : En général je laisse cette lourde tâche à Seb, si ses réponses se répètent dans les interviews, faut alors peut-être en changer les questions. Mais faut savoir que se prendre au sérieux (surtout dans les moments où faudrait) c’est pas trop notre truc. Ce qu’on véhicule comme image avec Stereoheroes c’est une partie de nous, la moins sérieuse, « truth » ! Mais qui sait… Autant un de ces quatre on se pointera avec des fausses lunettes de vue et un un costard sur mesure pour jouer.
- Actuellement la majorité des musiciens électronique migrent ou essayent de migrer sur Paris alors pourquoi cette volonté de rester à Marseille depuis ces dernières années ?
Sébastien : Soleil, mer, cagoles. Ici les têtes de con ont le sourire, c’est plus sympa. Et puis mon 100m2 en centre ville coûte le prix d’un studio vers le périphérique et il est à 500m de la plage.
Fabrice : Marseille, ni pour le foot ni pour la scène électro quasi inexistante dans cette région mais je préfère le soleil à la pluie et la mer au béton. Ceci dit il est temps de bouger d’ici !
- Du coup avec tout ce que j’ai pu voir et lire sur vous je sais que vous êtes de bon farceurs, une anecdote sur le live le plus fou que vous ayez fait ?
Sébastien : La semaine dernière on a fait la blague de la chauve-souris au micro, c’était un grand moment de rire public, les gens avaient pas autant déconné depuis la tournée d’adieu de Jean Roucas (humoriste français du 20ème siècle). Google : blague de la chauve-souris, premier résultat (remplacer cheveux par perruque).
Fabrice : Une anecdote, la fois où s’est retrouvé tous les 2 au milieu du dance floor pendant qu’on était en train de jouer.
- Vous êtes, du moins pour une moitié de source sure, gros bouffeurs de séries. Un top 5 des séries à voir absolument pour vous ? Vous suivez quoi en ce moment ?
Sébastien : A voir absolument : - The Wire, Oz, Six Feet Under, Treme, Game of Thrones (et toutes les autres prods HBO).
Ce que je suis en ce moment, par ordre alphabétique, sans tout mettre pour pas faire (trop) peur : 30 Rock, Boardwalk Empire, Boss, Breaking Bad, Californication, Copper, Death Valley, Dexter, Eastbound & Down, Episodes, Go On, Homeland, House of lies, How I met your mother, I just want my pants back, Justified, Last Resort, Magic City, New Girl, Raising Hope, Revolution, Scandal, Shameless, Sons of Anarchy, Spartacus, Suits, The Big C, The Killing, True Blood, Up all night …
Fabrice : En ce moment je me fait happer par Boardwalk empire c’est parfaitement réalisé et très efficace, sinon : Game of thrones, Californication, Breaking Bad, Twin Peaks
- Je ne pense pas que vos parents aient rêvé pour vous que vous deveniez DJ/producteurs. A quelle carrière étiez-vous prédestinés pour eux ? Comment ils ont encaissé le fait que leur fils boive de la vodka cul sec derrière des platines et fasse de la musique de sauvage ?
Sébastien : Ils ne savent pas pour la vodka, d’ailleurs c’est faux, c’est de l’eau. Ils me voyaient bien cuisinier, je me voyais bien aussi d’ailleurs, du coup je nous fais plaisir à tous en préparant des trucs chiadés quand je les vois.
Fabrice : Recueilli par une meute de loup à l’âge de 3 ans ma « maman » est plutôt fière de moi mais elle voulait que je sois garde-forestier dans le Gévaudan. Mom crois pas ce qu’elle dit, c’est de l’eau dans les bouteilles de vodka.
- Si vous deviez retranscrire une journée de ta vie en musique, on y écouterait quoi ?
Sébastien : dans l’ordre que tu veux
Georges Brassens – Le Bistrot
Les hurlements d’Léo – La Piave
Java – Cendrier
Alain Souchon – Papa Mambo
Sanseverino – Maigrir
Les VRP – La grosse papille
113 – Tonton Du Bled
Mano Solo – Je reviens
Juliette Greco – La cuisine
Ludwig88 – Tuez les tous
La compagnie créole – Le bal masqué
Tha Alkaholiks – Only When I’m Drunk
Boris Vian – Les joyeux bouchers
Karpatt – Soulève ta jupe
Svinkels – Alka Seltzer
Fabrice:
Matin / Eprom – Love Numbers
Aprèm / The Sonics – Have Love will travel / Thomas Bangalter – Spinal Scratch
Soir / The Game – Martians Vs Goblins feat. Lil Wayne & Tyler The Creator / The Avalanches – Two Hearts in 3/4 time
Question bonus de Thomas Dope P: Il y a quelques temps je me souviens on vous confondait avec un groupe qui s’appelait Sterehoes. On est en 2012 vous êtes peinards mais vous avez des anecdotes rapport aux malentendus que ça a pu causer a l’époque ?
Sébastien : Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un groupe qui a sorti quelques morceaux sympas à l’époque mais qui a eu la mauvaise idée de prendre un nom avec juste 3 lettres de différence par rapport au notre, visuellement même moi je m’y trompais de temps en temps. Ils ont eu un petit succès qui leur a permis de faire quelques dates. Chaque fois qu’ils jouaient à Paris nos potes nous appelaient pour gueuler parce qu’on ne les avait pas prévenus qu’on venait. Et même encore aujourd’hui de temps en temps on nous demande encore de jouer leur tube « Juliette n’est pas morte », alors on répond qu’on l’a pas. Il y a jamais vraiment eu de confusion plus grosse que ça. Mais on est quand même content qu’ils aient cessé d’exister.
Fabrice : Revenons 4 ans en arrière, « y a quelques temps » donc… La guerre, les coups bas, des verres qui volent, du sang partout.
Non rien de tout ça, pas d’anecdotes particulières, ils ont choisi ce nom, on était pas assez connu pour que ça leurs serve vraiment, ni pour que ca nous desserve d’ailleurs. Puis un jour on s’est rencontré et s’est tous serré la pince. On a pris l’apéro chez leur (ex) manager y a quelques semaines.
-Liens-
Stereoheroes Facebook / Site / Soundcloud














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