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Interview

15 septembre 2012

Tohu Bohu & Berlin, interview avec Rone.

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Written by: Craw
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Tohu Bohu est un des albums les plus attendus de cette rentrée.
Le français devenu Berlinois Erwan Castex, plus connu sous le nom Rone sortira son deuxième album le 15 octobre, toujours chez inFiné.
Nous avons eu la chance non seulement d’écouter cet album étonnant et fantastique mais aussi de rencontrer l’artiste autour d’une bière à la table d’un café parisien. De son déménagement à Berlin jusqu’à son live en passant par la création de Tohu Bohu, l’homme a répondu à toutes nos questions, de quoi en mettre encore plus l’eau à la bouche à ceux qui attendent impatiemment la sortie de ce nouvel album.On vous laisse découvrir notre entretien.

Français

Bonjour Erwan, après une saison estivale mouvementée par les festivals c’est le moment de se consacrer à la préparation de la sortie de ton album, Tohu Bohu. Tout d’abord d’où lui vient ce nom ?

Tohu Bohu c’est venu tout seul. L’album existait déjà et j’avais besoin d’un titre pour cet album et il s’est imposé tout seul. J’me suis fait une espèce de brain-storming et puis « Tohu-Bohu » ça sonnait bien et j’imaginais déjà sur une pochette, graphiquement tu vois. Et puis c’est après qu’on donne du sens aux choses et j’me suis dit que ça colle parfaitement aux dernières années que j’ai vécu. Tohu Bohu c’est le bordel et je cherchais quel type de son je voulais pour cet album, je m’installais à Berlin donc je cherchais un studio, j’avais l’impression de courir à droite à gauche et puis voilà, c’est ma vie en général, un gros tohu bohu.

Spanish Breakfast c’était il y a 4 ans, comment en es-tu venu à envisager Tohu Bohu après avoir sorti ton premier album ?

En fait dès que j’ai sorti Spanish Breakfast, InFiné m’a tout de suite encouragé à en faire un deuxième, ce qui est plutôt pas mal parce que je suis paresseux de nature donc c’est bien d’avoir quelqu’un derrière qui te pousse un peu à faire les choses. Donc InFiné m’a dit « bon bah c’est bien l’album est sorti, va falloir penser au deuxième ! ». Donc pendant un moment j’ai travaillé sur ce disque à Paris et puis j’ai eu l’impression de tourner en rond, que j’avais du mal à faire les morceaux. C’était plus difficile, peut-être parce que le premier s’est fait hyper spontanément et que d’un coup il fallait faire un deuxième album. C’est devenu une espèce d’obligation ou de job, il fallait que je fasse un morceau, puis un deuxième puis un troisième et j’ai perdu un petit peu le côté amusant de la musique, il a fallu que je trouve une solution donc pour moi c’était de bouger, de partir de Paris et de m’installer à Berlin pour retrouver les sensations que j’avais quand je faisais de la musique au début dans ma chambre de bonne, que je m’amusais juste, que j’avais pas d’ambition, qu’il y avait pas de stratégie et tout ça. Il a fallu que je me remette dans ces conditions là pour faire ce deuxième disque et c’est sorti tout seul.

Et donc tu as pris 4 ans pour le faire ?

Je fais de la musique tous les jours de toutes manières, le plus difficile c’est de décider que tel morceau est fini, tel morceau irait bien sur l’album… Donc c’était pas une panne d’inspiration mais c’est juste qu’à un moment donné il y a eu une sorte de cohérence entre les morceaux et là je me suis dit « ah bah tiens je suis en train de faire l’album » et puis c’est comme ça le Tohu Bohu. Il s’est formé un peu tout seul, d’un coup il y a eu une dizaine de morceaux qui s’enchainaient bien, l’album a pris forme un peu naturellement.

RONE – TOHU BOHU – Out Soon ! from InFine Music on Vimeo.

Tu as dit que le fait d’être a Berlin a changé ton état esprit et t’as influencé dans la création de Tohu Bohu. C’était quelque chose que tu recherchais quand t’es venu t’installer à Berlin ?

Ouais, j’avais fait quelques escapades à Berlin, j’y ai joué, j’y ai passé quelques weekends. Et puis j’ai vraiment aimé cette ville, c’est pas vraiment l’aspect qu’on connait de Berlin – la vie nocturne, le côté folklorique et les clubs- qui m’a attiré, c’est plus la vie de Berlin dans la journée – les parcs, les lacs, la nature – Mais aussi la vie nocturne en fait, c’est la combinaison des deux qui m’a intéressé. Si j’ai besoin de chaos, t’as les clubs hallucinants qui sont ouverts tout le weekend et pour le côté relax, détente, que t’as du mal à trouver dans des villes comme Paris.

Comparé à Spanish Breakfast, tu n’as pas peur de surprendre les fans de première heure avec Tohu Bohu ?

Honnêtement en le faisant j’y pensais pas du tout parce que j’ai l’impression que quand tu fais de la musique si tu réfléchis trop c’est mauvais signe, donc je me laissais complètement aller et je faisais ce que j’avais envie de faire. Mais c’est vrai qu’une fois le disque fini, pressé, avec le recul, je l’écoute et je me demande comment les gens vont le recevoir, l’accueillir, parce que c’est un peu différent. Je suis assez content en fait. D’avance je sais que je vais perdre des auditeurs parce qu’ils espéraient peut-être avoir la même chose que dans le premier album mais je me dis qu’en même temps ça plaira à d’autres personnes donc ça m’inquiète pas trop. Et puis j’ai l’impression que c’est important de surprendre, de se surprendre soi-même, d’essayer des choses nouvelles. Tout en gardant une identité, l’idée c’est d’expérimenter des choses nouvelles, d’aller sur d’autres territoires, pour pas tourner en rond et faire toujours la même chose.

A l’écoute de Tohu Bohu on se prend des influences de divers horizons. Mais un morceau en particulier nous a intrigués. Il y a un morceau hip-hop, un style où l’on ne t’attendait pas forcément. Il y a forcement une anecdote là-dessus à nous raconter ?

C’est pas une stratégie, je me suis pas dit « je vais faire un morceau hip-hop », mais il y a un morceau avec High Priest d’Antipop Consortium, un mec qui rappe carrément. En fait j’ai beaucoup écouté de hip-hop à un moment, j’écoutais que ça. Et là, je me rends compte avec le recul que c’est une espèce de fantasme que j’ai réalisé de faire ce morceau. Enfin pour moi c’est pas un morceau hip-hop, c’est plus pour voir ce que peut donner ma musique combinée au flow de High Priest, et ça a donné ce track. Je lui ai envoyé l’instrumentale sans trop y croire, il était hyper motivé et il m’a rapidement envoyé une version avec sa voix dessus,  j’ai trouvé ça génial et ça m’a obligé à retravailler le morceau, à l’amener complètement ailleurs. C’est tout le principe de collaboration que j’aime beaucoup, parce que tu ne maitrises pas tout, y’a un truc étranger qui va t’amener ailleurs et te faire faire des trucs que t’aurais pas imaginé faire et à la fin t’es surpris par ton propre morceau genre « ah c’est moi qui ai fait ça ?! ». Et puis Antipop c’est un peu le dernier groupe de hip-hop que j’ai vraiment écouté, je les ai découverts à Sonar à l’époque où je découvrais un peu la musique électronique. Je trouvais que c’était un lien génial entre la culture hip-hop et la culture électronique parce qu’ils allaient chercher des sonorités nouvelles et du coup c’était super cool de faire un morceau avec eux.

488364 363790747030880 538121510 n Tohu Bohu & Berlin, interview avec Rone. %TheChemistry

Si on parlait un peu de graphisme ? La pochette de ton album, ainsi que le teaser, ont été faits par Vladimir Mavounia Kouka. Ce n’est pas la première fois que tu travailles avec, tu peux nous parler un peu de cette collaboration de longue date ?

C’est une vieille collaboration, on se connait depuis qu’on a 14 ans ! C’était mon voisin de pallier donc on se connait depuis très longtemps. Il était hyper doué pour le dessin, le genre de mec qui dessinait au fond de la classe, qui taguait et tout… Et puis il a fait Arts Déco et tout ça puis on s’est perdu de vue à un moment et on s’est retrouvé quand il a commencé à faire des films et que j’ai commencé à faire des disques, comme deux potes d’enfance qui se retrouvent. On a commencé à travailler ensemble alors un coup c’est lui qui travaille sur ma musique en faisant des clips, un coup c’est moi qui travaille sur ses films en faisant la bande originale donc y’a une vraie interactivité, c’est super cool. Là par exemple il est en train de faire un nouveau film d’animation et il m’envoie régulièrement le work-in-progress, les images et tout ça pour que je m’imprègne de son univers. Finalement on discute pas beaucoup, ça se fait assez naturellement. Il est en train de travailler sur un clip pour l’album et je lui fais totalement confiance. On se connait bien donc il a carte blanche pour interpréter la musique visuellement. C’est une belle collaboration.

Comment s’est faite la création de cet univers graphique sur Tohu Bohu ? C’est lui qui a choisi ?

Oui, en fait encore une fois ça va assez vite parce qu’il m’avait proposé une première chose au départ mais ça me parlait pas, il faut que je m’y retrouve quand même. Il m’avait proposé un univers très sombre, en noir et blanc, très beau, mais je trouvais que ça correspondait pas à ma musique, à ce que j’avais fait dans cet album, j’avais besoin d’un truc plus coloré. Donc il est revenu avec une seconde idée et il a suffit qu’il me propose cette idée là, en l’occurrence c’était de faire une illustration par morceau – donc dans l’album tu trouveras un livret avec douze illustrations – et l’idée me plaisait, j’aimais bien ce qu’il m’avait présenté donc je lui ai dit « vas-y » et du coup il a tout fait d’un seul trait et je suis pas revenu dessus, j’ai trouvé ça génial. Et j’aime bien l’idée de ne pas tout maitriser de A à Z, j’aurais l’impression d’étouffer, j’aime bien que quelqu’un intervienne là-dedans et lui il intervient avec le graphisme, j’ai l’impression qu’il donne une autre dimension à la musique, il l’emmène à un endroit que j’aurais pas forcément imaginé et ça fait respirer un petit peu la musique, l’album.

Du coup, les clips iront avec les visuels dont tu parles ?

Quand Vladimir travaillera sur les clips on va probablement rester dans le même univers mais on va aussi faire faire des clips par d’autres réalisateurs. J’ai rencontré pas mal de gens qui font de la vidéo, j’ai pas mal d’amis qui travaillent là-dedans donc en fait on va avoir plein de vidéos très différentes, ça sera pas un univers figé… Il y a un clip qui est en train de se faire avec des prises de vues réelles, donc une vraie vidéo et Vladimir va probablement rester dans l’animation donc tout ça va se mélanger un peu et on va voir ce que ça créera comme univers.

On va parler d’une autre collaboration, celle avec le Studio FÜNF, qui a réalisé ton clip So So So et qui travaille également sur ton live… Peux-tu nous parler de ton live ?

La petite anecdote c’est que j’ai commencé par le DJ set mais un jour, avant la sortie de Spanish Breakfast, j’ai reçu un coup de fil d’Agoria qui m’a appelé qui me dit « tu joues dans trois semaines au Rex ». J’avais jamais joué devant plus de deux personnes et j’avais trois semaines pour préparer un live, parce qu’il m’a dit « un live ». Du coup j’ai dit oui par réflexe, j’ai raccroché et j’ai passé une nuit blanche. Et en fait pendant trois semaines je me suis enfermé, j’ai bossé comme un taré pour ce live et j’ai tellement aimé le fait de jouer ça devant des gens, le retour des gens, que j’ai plus jamais remixé depuis ce jour là, j’ai fait que des lives. Et là techniquement, l’idée du nouveau live serait de retravailler les morceaux de l’album mais les réinventer, les réinterpréter différemment, avec une autre énergie. Un truc un peu plus punch, même si j’ai envie d’imposer quand même des moments de silence. J’ai envie qu’il y ait du relief, j’ai pas envie que ce soit une autoroute, du coup je vais faire en sorte de poser des moments où le son redescend, toujours pour mieux remonter, et ça m’oblige à revenir sur les morceaux et à les amener un peu ailleurs. Et en parallèle, y’a le Studio FÜNF qui prépare un truc visuel. C’est bien parce qu’il habite à Berlin aussi, on est voisin, donc on se retrouve régulièrement, je lui fais écouter ce que j’ai comme matière, il me montre les images et on évolue en parallèle comme ça.

Et pour l’instant ma configuration c’est un laptop et deux controlleurs MIDI, et puis là je suis en train de réfléchir pour changer un peu mon setup et voir comment je peux intégrer des machines.

J’imagine que tu vas sortir un single pour l’album, tu peux nous dire quel titre ? Des remixeurs ?

On va sortir XXX (nom encore secret), le single, qui sortira probablement après l’album en fait. Donc on a deux remixes confirmés qui sont Dominik Eulberg et l’autre remix est fait par les jeunes parisiens Blind Digital Citizen, carrément dans un autre genre. C’est des fous ! C’est un groupe, ils sont six, et j’adore parce qu’ils ont une approche où ils y vont à fond, ils essaient pleins de trucs et tu le sens dans leur son, hyper expérimental, et du coup il y a une énergie mortelle ! Ca c’est pour les remixes confirmés…

Un mot pour finir ?

Soyez créatifs, vous verrez, ça permet d’être plus heureux, de vivre mieux !

English

Hi Erwan, right after this hectic summer it is now time to get prepared for the release of you album entitled Tohu Bohu (editor’s note: means jumble) . But first, why did you choose this name?

The name Tohu Bohu came naturally. I had already made this album, I needed something to go with it and this one fitted well. I did like a brain storming and then I found Tohu Bohu, it sounded good and I could easily imagined how it would look on the record sleeve, you know. And then, later on everything made sense. It perfectly fitted everything I went through: Tohu Bohu is like the mess. At that time I was looking for a certain type of sound for this album, so I moved to Berlin to find a studio and I felt like I was running all over the place. This was my life… a big fat Tohu Bohu.

You released Spanish Breakfast four years ago. What was your process between your first album and Tohu Bohu?

Actually when I released Spanish Breakfast, InFiné encouraged me to make another record which was pretty good as I am kind of lazy by nature. It was good to have somebody to cheer me up. So InFiné told me “Okay, good now that you’re album is out, you should make another one !”. So I worked on several track for a while when I was in Paris. But I felt like I was going round in circles and I became more and more difficult to make music. This became like a job, something obligatory. I was not making music for fun anymore. It was harder because the first one was spontaneous and now I had to create music. I had to find a way to get out of this situation. For me the only way was to move out, to be off to Berlin in order to find again these same sensations that I felt when I started making music in my hole in the wall. You know when I was having fun, I had no ambition and no strategy and all that concerning music. I had to put myself back in this position to make the second record. Then it came all naturally.

So, it took you four years to do it?

I make music everyday anyway. The most difficult is to figure out which track is done, which one would fit the record… So it was not like a lack of inspiration but at some point there was some kind of coherence between the songs and then I told myself “okay, so now I’m actually making a record”. That’s how the “Tohu Bohu” emerged with about ten tracks that followed on pretty good. The album took shape naturally.

RONE – TOHU BOHU – Out Soon ! from InFine Music on Vimeo.

Why Berlin? Is that your crush?

Yeah, I’d been in Berlin a couple of times: I played there and I spent several weekends their…

I really liked this city and I wasn’t attracted by the well-known side of Berlin like the night life, the eccentric side of this city and the clubs. I loved the day life activity of this town like the parks, the lakes and the nature. I also love the night life actually, but that’s the combination of the two that I really appreciate. If need chaos there are astounding clubs that are opened the whole weekend, if I need to chill you can in this city contrary to Paris for instance.

If we compare your new record to Spanish Breakfast, aren’t you afraid of surprising your fans with Tohu Bohu?

Honnestly when I made this record I did not thought abut that because I had the feeling that when you are making music if you think too much it’s a bad sign. So I let myself go and I did what I wanted to do. But it’s true that now in retrospect I wonder how people is gonna react as it’s a bit different. Actually, I’m happy with it. I already know that I will loose some listeners because they might hope for something quite similar to the first record but on the same token I think it will please some people, so no worries. I feel like it’s important to surprise people and myself, to try new things. We must keep our identities. The idea is that we must try new stuff, visit new territories in order not to do the same thing over and over again.

When we listen to Tohu Bohu we can hear several kind of influences. However, there is one special track that strikes us. There is a hip-hop track and we must say that we did not expect that. This must hide a certain anecdote, right?

This is not a strategy. I never thought “I’m gonna do a hip hop song” but there is a track featuring Antipop Consortium’s High Priest who is an awesome rapper. I used to listen a lot of hip hop at some point. And now I kind of realise that it has always been a dream to make a hip hop song. I don’t consider this song like that, I just wanted to see what my music could look like when it’s combined with High Priest’s flow. Then we came to this song. I sent him the instrumental without really believe in it but we was actually really motivated and he quickly answered me sending me a version with his voice on it. I found it great and it pushed me to work this track again and turned it into something completely different. I love the whole thing of collaborations. You do not master anything and there’s always something else that will bring you to somewhere else, to something new. Then you found yourself doing stuff that you never though you would do and you are actually surprised by your own track like “Did I make that?”. Antipop is also the last hip hop band that I’ve listened to. I discovered them in Sonar where I kind of discovered the electro music. I found they created a great link between hip hop and electronic cultures because they looked for different kind of sound . That’s why it was really cool to work with them.

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Let’s talk about design. The cover of your record, just like the teaser, have been done by Vladimir Mavounia Kouka. This is not the first time you work with him. Can you tell us more about this long-time collab?

It’s an old collaboration, we know each other for fourteen years! He was my neighbour so yeah I know him for a long time. He is super gifted for drawing. He was like the guy who was drawing in the back of the classroom, who tagged everything everywhere… Then he went to “Art Deco” school. After all that we lost track and when we got in touch again he was starting making films and I was starting making records. We were like two childhood friends getting in touch again. We started to work together: sometimes he worked on my music making music videos and sometimes I worked for him creating soundtracks. There were a real interactivity , it was cool. Now for instance, he is working on a new animated film and he often sends me his “work-in-progress”, the pictures and all that, therefore I can get a real insight into his world. In the end we do not really talk about that, it comes naturally. He is working on a video for an album and I totally trust him. We know each other well so he can do whatever he wants when it comes to illustrate my music. It’s a beautiful collaboration.

And so, what was the creating process of Tohu Bohu’s design? Did he choose it?

Again, it happened quickly. He suggests me something that I wasn’t fond of, I needed to find myself in it. He suggested me something really dark, in black and white, something really beautiful but it did not match with my music and what I did on this record. I needed something more colourful. So he came back to me with a second idea. I told me about an illustration by piece (so in this album you’ll find a booklet in which there are twelve pictures). I liked this idea so I told him “you go” and he created the whole thing. It did not even say a word about that, I found it great. I like the idea of not mastering everything. I would suffocate. I like when somebody takes part of my work. I feel like he adds another dimension to music. He brings you to a place I would not necessary though about. He brings fresh air to the music, to the album and so on.

So that means the music videos will include what you are talking about?

When Vladimir will work on these music videos we’ll probably keep the same “world” but we’ll also work with other directors. I met loads of people who are working in the film industry, who are making videos so we’ll surely have several kind of videos, it won’t be a deadlocked world. We are currently making a music video that includes real shots and Vladimir will probably continue with the animation so everything will mix and we’ll se what kind of world or atmosphere can come out from all this.

Now let’s talk about another collaboration, I mean the one with FÜNF Studio that made the video for the track “So So So” and currently work on you live… What about your live ?

The thing is that I started by the Dj set but one day, right before the release of Spanish Breakfast, I got a phone call from Agoria who told me “you play in three weeks at the Rex”. I’ve never played in front of more than two people and I had only three weeks to work on my show. When he told me about a “live show” I automatically said yes. I hung up and spent a sleepless night. Actually, for about three weeks I locked myself up and I worked like psycho for this show and I loved it so much, you know to share my music with people and to get their feedback… From that day on I’ve never mixed again, I only made live shows. On the technic level, the idea of the new live show would basically be to work again on the songs of the album, to re-invent, re-interpret these tracks with a different energy. I would like something more punchy even if I want to impose some silent moments. I want to add it some depth because I don’t want it to be linear freeway. Besides, the FÜNF Studio is preparing a visual part. It’s good because he is also in Berlin, we are neighbours so often see each other. He can listen what I’ve got to offer, the material aspect of the whole project and then he shows me the various pictures so that we can gradually evolve together.

For now my set-up is the following: a laptop and two MIDI controllers. Now I’m thinking about changing it a bit and I’m trying to figure out how I can add some machines and stuff.

I guess you will release a single for the album. Can you tell us which track you chose ? Some remix ?

We will release the single XXX which might be out after the album. So we have confirmed remixes, one is made by Dominic Eulberg and the other one is mixed by the young parisians of Blind Digital Citizen. These guys have a complete different style, it’s crazy! This band is composed of six artists and I love them because they are deeply concerned by what they are doing. They try loads of stuff and you can feel it in their sounds that are really experimental. Therefore they radiate a bloody energy. Okay, that’s it for the confirmed remixes…

One last word maybe?

Be creative, you’ll see, it enables you to be happier!

Translated By Sarah Régis-Lydi

Links :

https://www.facebook.com/roneofficial/
http://soundcloud.com/rone-music
http://www.residentadvisor.net/dj/rone
https://twitter.com/#!/Roneofficial

 



About the Author

Craw
Créateur. Adepte de musiques intelligentes (ou pas), de Hip Hop et de séries US.




 
 

 
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