Gilles Peterson, mon amour.
Il y a des moments dans la vie où l’on naît plusieurs fois. Non pas seulement celui où tu t’extirpes de l’antre maternelle, ce sont d’autres, d’autres que tu gardes consciemment en toi. Je te parle de ces moments : une naissance au sens de l’éveil des sens. Gilles Peterson est sans doute celui qui a ouvert une brèche fuselante de beauté dans le monde de la musique électronique.
Le Worldwide qui littéralement pourrait se traduire par « partout à travers le monde » est lui aussi naît plusieurs fois, tout d’abord d’une émission de radio diffusé sur BBC Radio London. il y a de ça un peu plus de vingt ans maintenant. A l’époque une des volontés sous-jacente était de dépasser les mouvements de musique existants, de se « décatégoriser » en quelque sorte, pas simplement une émission qui diffuse de la Techno, ou du Jazz ou de le Soul; une émission qui se casse le derrière à dégoter des morceaux du monde entier, du moment qu’il y a de la magie en eux. (par « magie » entendre « groove »). L’émission se fait rediffuser sur plus d’une quinzaine de radio dans le monde. Plus tard, après avoir créé plusieurs labels dont Talking Loud et Bronswood Recording, le Worldwide voit une autre naissance plus physique : sous forme de festival depuis 6 ans à Sète mais aussi à Singapour et bientôt à Leysin (Suisse) c’est le rassemblement officiel de la crème des découvertes de ce producteur de talent qui d’ailleurs a fini par se faire anoblir par la reine d’Angleterre « pour avoir œuvré au rapprochement musical franco-anglais ». C’est de son festival dont je vais vous parler.
Sept jours à Sète.
Danser dans le sable, ou sur le port autour d’un phare, ça a quand même son charme. Surtout quand Four Tet ou Nicolas Jaar sont à deux mètres de vous entrain de vous expérimenter les tympans à l’aise sur des dizaines et des dizaines de kilos de Funktion-One. C’est un peu ça le Worldwide. Au niveau des artistes la programmation était crescendo toute la semaine, tant dans les surprises que dans la puissance. Dans les petites déceptions, il y en a très peu, je mettrai : Alice Russell (sa voix n’était pas en forme), Grems (trop saoul) et Scuba (là c’est moi qui était trop saoul). En ce qui concerne les très bon moments, il est clair que Nicolas Jaar fut la meilleure performance live, accompagné de ces deux musiciens, sa réputation est juste à la hauteur de son talent. En live aussi Little Dragon fut assez extraordinaire par leur présence et les duos bass/percussions. Julio Bashmore, très bon set également alliant la Techno Acid de Détroit à la Bass Music. Sinon Four Tet nous a fait un set d’une qualité remarquable en introduisant des beats africains par ci par là. Quant au moment de folie je citerai Koreless, le protégé de Peterson, à seulement vingt et un an, il a tant de génie à exploiter. Il parsème ses lives de vibrations mentales, on dirait un psychopathe en vrai. Il a le regard glacial et profond et sa musique lui correspond, elle décolle les cages thoraciques pour entrouvrir le coeur et l’âme.
Un dénicheur de talent comme Gilles Peterson, notre planète en compte encore trop peu. Quelques part là bas derrière il y a un mec qui a donné sa vie pour que des artistes puissent naître.
Searching for a perfect beat…
Amen.
LeFtO Films: Worldwide Festival 2012 DAY 2 / NIGHT 1 from Lefto on Vimeo.
LeFtO Films: Worldwide Festival 2012 – Day 7 (Final) from Lefto on Vimeo.













